samedi 19 août 2017

Communiqué Heather Heyer fédération anarchiste

Charlottesville, l'extrême droite tue …
une fois de plus


14 août 2017
Une fois de plus, l'extrême droite nous montre son vrai visage de haine. Samedi 12 août 2017 à Charlottesville, aux États-Unis, une voiture conduite par un participant à la « marche des suprémacistes
blancs » a foncé sur la manifestation anti-raciste, tuant Heather Heyer, 32 ans, et blessant 34 personnes. La
veille au soir, déjà, lors d'une marche au flambeau rassemblant au cours de laquelle s’étaient rassemblés des
groupuscules néonazis, identitaires, suprématistes blancs sur le campus de la ville,ils avaient ouvert les hostilités en attaquant étudiant-e-s et habitant-e-s de la ville qui s'opposaient à ce rassemblement.
Le 12 au matin, plusieurs centaines d’extrémistes de droite se sont rassemblés pour protester contre le déboulonnement prévu d'une statue glorifiant un général esclavagiste sudiste. Certains d’entre eux, pour
l’occasion, étaient habillés en tenue paramilitaire, armes semi automatiques en bandoulière, d'autres étaient armés de boucliers et matraques en tout genre. Des affrontements ont éclaté un peu partout autour du lieu du rassemblement avant même son commen-cement entre extrémistes de droite et militant-e-s anti-racistes.
Suite à cela, ce même rassemblement fut enfin interdit et évacué. C'est peu de temps après l'annonce de
l'annulation que l’extrémiste de droite a décidé de foncer délibérément sur la foule anti-raciste. Aux USA,
comme en France, les groupuscules d'extrême droite décomplexés se sentent tout-puissants grâce notamment
aux victoires électorales, n'hésitant plus à attaquer et tuer des militants anti-racistes. Rappelons que Trump a
été élu grâce à cette Amérique blanche raciste des États du Sud. On peut noter qu’à l’annonce de l’assassinat
la première allocution de Trump visait à condamner la violence qu'il y avait eu de part et d'autre, sans faire
mention de l'assassinat et tentative de meurtre volontaire sur les manifestants anti-racistes, comme si la
défense des libertés était du même ressort que son attaque. Ce n'est que deux jours plus tard et sous la
pression populaire et internationale, que Trump décide à contrecœur de condamner cet acte et de sembler
reconnaître que « le racisme, c'est mal ».
Mais encore deux jours plus tard, le 15 aout, Trump ré-affirme sa première vision des choses, rejetant dos
à dos les nervis d'extrême droite et les anti-racistes, ajoutant même qu'un des deux camps (celui des fachos)
était venu manifester pacifiquement. La nouvelle intervention du président des Etats-Unis a été aussitôt
saluée par un ancien responsable du Ku Klux Klan, David Duke, qui a vanté son "courage" pour avoir mis en
cause selon lui "le terrorisme gauchiste" du mouvement Black Lives Matter né en réaction contre les
violences policières subies par les Afro-Américains. On voit nettement où vont les préférences du
nationaliste raciste Trump. Le gouverneur de l'Etat (la Virginie), le démocrate Terry McAuliffe a condamné
en revanche clairement et immédiatement l'attentat, déclarant les suprématistes indésirables : « Nous ne
voulons pas de vous ici. « Vous n'êtes pas les bienvenus dans ce grand État. Vous êtes la honte. » Il avait déjà
appelé à ne pas participer à ce rassemblement Unite The Right aux idées "abjectes".
Même ce catho de droite, qui le 7 juillet dernier a refusé la grâce à William Morva malgré sa soi-disante
conviction contre la peine de mort, a fait mieux que la classe politique française dans son ensemble dont on
notera sans surprise le silence assourdissant s'agissant de condamner cet acte clairement raciste et attentatoire
à la liberté. La Fédération anarchiste tient a apporter tout son soutien aux victimes et aux familles de cet acte
raciste, barbare et rappelle que la lutte contre tous les racismes doit continuer plus que jamais partout dans le
monde.
Solidarité anti-raciste internationale !

mardi 23 mai 2017

Elections présidentielle 2017 ( suite et fin)

    Nous voila donc affublés d'un nouveau président de la république, sans grande surprise vu qui il avait face à lui. La peur du gros méchant FN a fonctionné à font et 65% des votants se sont précipité pour lui faire barrage, bien sûr que je ne vais pas m'en plaindre Je ne tiens pas plus que vous à me retrouver avec des fascistes au pouvoir. Seulement voilà, tout a été fait pour que se parti se retrouve au second tour, pour ainsi faire de Macron dont beaucoup de médias ce sont fait le porte parole, le sauveur de la démocratie. La dédiabolisation dont à bénéficié MLP et son parti par les mêmes médias, mais aussi de la classe politique elle même qui voit en lui l’épouvantail parfait. A permis à ce partis d'être là ou il est à présent. Ce qu’ils leurs à permis ( politiques et médias) d'agiter ce chiffon rouge devant les yeux du peuple apeuré; Ou comment jouer la dédiabolisation du parti d’extrême droite, et de ses électeurs pour mieux entre les deux tours expliquer que MLP est le diable en personne et qu’il faut élire le candidat républicain et démocrate E. Macron et ont ainsi fait élire avec une grande majorité celui qui représente le libéralisme économique triomphant avançant sans fard. Car il lui fallait une large majorité au chouchou du cac40, wall street and co, pour pouvoir s’appuyer ensuite sur cette sacro-sainte démocratie, « j’ai une large majorité qui m’a élu sur mon programme, car c’est notre projeeeeet!!! » On s’en est aperçut le soir même de son élection ou il ne s’agissait plus d’un vote contre le Fhaine, mais bien d’un vote d’adhésion. Malheur à celui ou celle qui critique cette vérité; ce n'est qu'un.e. gros.se jaloux.se, qui ne supporte pas la défaite, et un.e antidémocratique. Sans vouloir jouer au complotiste tout ce ci sent l'arnaque et la manipulation. Car que doit on penser des 12% de personnes supprimées des liste électorales, dont certaines venaient de s'inscrire pour pouvoir voter ?
La seule chose positive que pourrait nous apporter cette élection est l’implosion en vol du Fhaine. Très mal en point suite à sa défaite, les membres imminents du partis se tire dans les pattes, pour savoir si ils doivent en changer le nom, retirer de leur propagande la sortie de l’euro et de l’Europe. Phillipot forme un partis dans le partis, Marion Maréchal Le Pen a quitté le navire et voudrait même changer de nom. Alors pour cela ne gâchons pas notre plaisir et fait péter les cahouettes madeleine !!!!!!
 Et pour la suite ? Et bien il va falloir être vigilant et être près à reprendre la rue pour ne pas trop perdre encore d’acquis sociaux mais surtout en gagner de nouveaux nous n’aurons pas d’autre choix que la lutte. Ne pas laisser de répit au nouveau président et à son gouvernement. Ne pas les laisser légiféré sur nos vies par ordonnances. Pour empêcher nos vies d'être un peu plus précaire qu'elle ne le sont, Grève générale et expropriatrice. Révolution sociale et libertaire. Alors à très bientôt dans les luttes. 

Chat noir.

mardi 25 avril 2017

élections présidentielles 2017

              

  Nous voilà donc déjà au second tour du cirque présidentiel. Comme tout les 5 ans tout les partis se sont agités pour le pouvoir suprême. Et cette année les gagnants sont :
Le FHaine et En Marche d' Emmanuel Macron. Pour le premier cité (qui est arrivé second) se n'est malheureusement pas une surprise, se dernier c' étant installé dans le paysage français depuis un moment rabâchant toujours les mêmes ignominies depuis des lustres, ont fini par entrer dans la cervelle de piafs de certains de nos contemporains. Les journalistes et nos autres politiciens finissant de rendre ce partis respectable en nous répétant que c'est un partis comme un autre et qu'il faut respecter ses électeurs qui eux même sont comme les autres. Ce que je doute fortement et n'hésite pas à les traiter d'abrutis moyens. Ne me présentant   à aucune élections je n'est aucun respect à avoir envers de sombres crétins de leur espèce.
  Je m'attarderais plutôt sur le petit jeunot de la promotion Rothschild. Je doit l'avouer je n'aurais pas parié un kopeck sur lui, pour plusieurs raisons; D'abord  son age, il a à peine 40 ans et je doit dire que sur se coup là les français m'ont bluffé, eux qui nous avais habitué à voter pour des ruines... Ensuite le parcours du bonhomme, venant d'une banque privé et pas une des moindres, après un parcours banal pour un politicard ( ENA et compagnie) . Mais surtout en tant que conseiller et ministre de Hollande que tout le monde y compris à gauche voulait foutre dehors avant la fin de son quinquennat.
  Que des personnes de droites est votés pour lui cela se comprend vue son positionnement idéologique, mais ceux de gauche ( les personnes lambdas, pas les politiciens qui se sont précipités pour le soutenir)  j'ai du mal à piger. Pendant des mois ça a été manifs sur manifs contre la loi travail dite "El khomri" un passage en force de ce gouvernement grâce au 49.3. La loi Macron dont celle cité plus haut fait partie, qui n'est autre que l'uberisation du travail. En un coup de passe-passe tout est oublié et le voilà au second tour. J'ai beau me repasser tout ça dans ma tête y a un truc qui m'échappe. Ou alors comme me la suggéré une copine il y a eu magouille, n'étant pas dans le délire complotiste je ne pense pas. Je pense plutôt à la bienveillance de certains médiats  ( une grande majorité)qui ont choisi leur candidat il y a un an et qui ont bien préparé le terrain.
Le présentant comme le renouveau de la politique ( quand on vois ses soutiens ça fait doucement rire), avec de nouvelles idées; Le libéralisme économique à tout crin, précarité à tout les étages, les heures sup moins payés, moins de possibilités de porter plainte au prud'hommes, bref de nouvelles idées du 19eme siècle. 

Et maintenant ? Et bien maintenant il va falloir se remettre au  boulot car on vas en avoir, il vas falloir descendre dans la rue, faire grève pour non seulement éviter de perdre encore plus de droits sociaux et de se retrouver pieds et points liés face aux patrons, mais en conquérir de nouveaux. Et cela quelque soit le ou la vainqueur  du second tour. Le troisième tour lui se jouera dans la rue.

Pour moi en attendant ce sera comme toujours :Abstention!!!!

Chat noir.


lundi 28 novembre 2016

Avec la CLAF : Solidarité contre les violences fascistes !


CGA
L'attaque de la librairie "La plume noire" de la CGA lyonnaise le samedi 19 novembre 2016 s’ajoute aux déjà trop nombreuses agressions fascistes dirigées contre des locaux anarchistes, libertaires et anarchosyndicalistes.
Rappelons‑nous l’agression dont fut l’objet le local de la CNT de Metz de la part du GUD, au mois de mars 2015, puis celle de la librairie l’Autodidacte, librairie de la Fédération Anarchiste à Besançon, qui subit l’assaut de nervis fascistes, dans la nuit du 17 au 18 octobre de la même année.
Nous avions, à cette époque, communiqué à ce sujet, en indiquant que « les lieux de culture populaire alternative, combative et libertaire, sont des cibles toutes désignées pour les groupuscules fascistes qui n’ont de cesse que de s’en prendre à la culture et aux espaces de liberté. »
Encore récemment, le 12 novembre dernier, à Lille, des syndicalistes étudiant‑e‑s et lycéen‑ne‑s (UNEF et UNL) ainsi que des militant‑e‑s de la jeunesse communiste (MJCF et UEC) ont été agressé‑e‑s par des militants d'extrême droite alors qu'ils/elles fêtaient l’anniversaire de l’un des leurs dans un bar du centre‑ville.
La CLAF ‑ Campagne Libertaire Anti Fasciste ‑ qui regroupe en son sein les militant‑e‑s de la Confédération Nationale du Travail, d’Alternative Libertaire, de la Fédération Anarchiste, de la Coordination des Groupes Anarchistes et d’Organisation Anarchiste relaie l’appel à la solidarité des camarades lyonnais-e‑s qui viennent de subir cette lâche agression afin de leur permettre de retaper leur local et de poursuivre leurs activités militantes.
Pour les soutenir, cette adresse a été créée : soutienplumenoire@riseup.net

Au‑delà de la solidarité militante évidente, pour barrer la route au fascisme, la CLAF appelle à intensifier le combat pour créer aujourd’hui les conditions d'une riposte d'ampleur à caractère social et de classe, une riposte permettant de désigner les véritables responsables de la situation de crise actuelle : le système capitaliste et l’État.

Le 26 novembre 2016,
Campagne Libertaire AntiFasciste : Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes, Confédération Nationale du Travail, Fédération Anarchiste, Organisation Anarchiste

dimanche 20 novembre 2016

Soutien aux camarades de « La plume noire »


Ce samedi 19 novembre 2016, aux alentours de 18h, la librairie libertaire « La plume noire » à Lyon a subi une attaque en règle en marge d’une manifestation d’extrême-droite. Un commando d’une quinzaine de nervis casqués ont brisé la devanture et blessé, fort heureusement légèrement, quelques personnes qui ont eu le malheur de se trouver là.
La Fédération anarchiste tient à dénoncer ces violences contre un lieu de culture. Il s’agit là d’exactions clairement préméditées pour terroriser, à l’identique des fous de dieu qui sévissent aujourd’hui et des nazis des années 1930-40, ceux et celles qui ont à coeur la solidarité internationale et la lutte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression.
La Fédération anarchiste tient à assurer de son entière solidarité les personnes qui ont été victimes de ces violences ainsi que les animateurs et animatrices de la librairie La Plume noire. Nous invitons tous ceux et celles pour qui la liberté d’expression n’est pas un vain mot, à participer aux mobilisations de soutien qui auront lieu dans les jours qui viennent.
No pasaran
Fédération anarchiste

lundi 7 novembre 2016

L’épopée des Brigades internationales à la TV






Une fois n’est pas coutume, on va parler un peu télé. Mardi 25 octobre 2016, Arte diffusait un documentaire de Patrick Rotman sur les Brigades internationales (BI). Encore un film sur la guerre d’Espagne, et encore un film sur ces Brigades créées par l’Internationale communiste. On pouvait redouter le pire, encore que Patrick Rotman nous a habitués à une certaine rigueur dans ses écrits et ses films. Là encore, force est de constater l’honnêteté du propos pour résumer cette page de l’histoire que le film a l’intelligence de resituer dans le contexte politique du pays, avant la création des BI (fin 1936) et après (fin 1938). Ainsi La Tragédie des Brigades internationales s’inscrit dans une description plus large de la révolution espagnole. On peut émettre quelques réserves : un peu trop de scènes de batailles par rapport aux scènes décrivant les réalisations révolutionnaires (c’est vrai que le sujet du film est sur les BI et pas sur l’œuvre constructive de la révolution), des approximations comme l’affirmation qu’il y avait deux Espagne, l’une rurale, nationaliste et catholique, l’autre citadine, républicaine et laïque. Que je sache, l’Andalousie rurale (pour ne citer qu’elle) était un fief anarchiste et, donc, ni nationaliste ni catholique. Quant aux grandes villes du Pays basque, la laïcité n’était pas vraiment leur trait dominant. Mais passons. Rotman plante bien le décor en partant des élections de février 1936 qui portent au pouvoir le Frente popular. S’ensuit, en juillet, le soulèvement des militaires contre la république, entraînant la riposte ouvrière contre ces factieux (nombreux extraits de documents sur Madrid et Barcelone).
Rotman insiste sur la violence des affrontements, puis en zone républicaine sur les persécutions contre les militaires vaincus, les gens d’Église et les sympathisants fascistes. Il aurait pu ajouter que ce seront des responsables anarchistes qui créeront les patrouilles de contrôle pour mettre un terme à tous ces débordements et pratiques (paseos, exécutions sommaires)… Pour faire pendant, le film montre ensuite les violences et assassinats systématiques perpétrés dans les zones conquises par les troupes franquistes : tout ce qui est de gauche ou syndicaliste, c’est-à-dire rouge, est exécuté. Là, par contre, cette terreur blanche n’est pas due à des débordements, mais à des ordres émanant de l’état-major des putschistes, et relève d’une véritable « purification politique ».
Au fil des images défilent les visages de nombre de « personnalités » étrangères présentes en zone républicaine : écrivains (Hemingway, Dos Passos, Malraux, Neruda, Aragon), photographes (Gerda Taro, Robert Capa), artistes (Errol Flynn). Mais ce qu’on peut constater surtout, c’est la disproportion entre l’armement des forces fascistes et celui des forces républicaines (dès le début, Mussolini fournira à Franco 70 000 fantassins et chars de combat, Hitler enverra son aviation). Le camp républicain aura droit, lui, à la non-intervention des « démocratie » occidentales, à l’arrivée de ces fameuses Brigades internationales, sans expérience militaire et armées sommairement. L’aide de l’URSS, tardive et non désintéressée (les 460 tonnes d’or de la Banque d’Espagne fileront à Odessa), sera accompagnée de mille « conseillers », ou plutôt de commissaires politiques introduisant Tcheka et NKVD dans la péninsule Ibérique où ils pourront démontrer l’efficacité de leur « art », notamment au cours des « événements de mai 1937 » à Barcelone. Les ultimes images sont douloureuses : la Retirada de 500 000 républicains vaincus vers la France sous les balles de l’aviation franquiste,  « l’accueil » des autorités françaises qui les parqueront dans des camps où ils apprendront – énième trahison – la signature du pacte germano-soviétique.
Le grand mérite du film est de démystifier certaines versions de ce pan de l’histoire : oui, il y a eu une aide immédiate et considérable à Franco, en hommes et armement de la part de Mussolini et Hitler. Oui, il y a eu abandon du gouvernement républicain par lâcheté des démocraties occidentales (France et Angleterre). Oui, n’en déplaise aux révisionnistes staliniens, la force principale dans le mouvement ouvrier et paysan était la Confédération nationale du travail (CNT), centrale syndicale anarchiste. Oui, le Parti communiste d’Espagne était ultra-minoritaire et n’a dû son influence – néfaste – que grâce aux séides de Staline envoyés comme « conseillers » et imposés par le chantage aux armes distribuées principalement aux régiments sous commandement communiste. Oui, de nombreux révolutionnaires de la CNT et du POUM ont été arrêtés, torturés et assassinés sur ordre de la direction du PCE à la botte de Moscou. Oui, même les Brigades internationales ont subi des purges de la part du commandement communiste. Oui, tous les « conseillers » bolchéviques de retour en URSS sont passés à la trappe : ils avaient pu voir ce qu’était une vraie révolution sociale, ça méritait, là aussi, une « purge ». De même que, oui, malgré son zèle et ses « brillants » services, Marty, le « boucher d’Albacete », a lui aussi été ensuite exclu du PCF. Oui, Staline et les dirigeants du PCE ne voulaient pas d’une révolution en Espagne : ils l’ont donc sabordé. Résultat : ils n’ont même pas pu sauvegarder la république bourgeoise. Franco pouvait les remercier ! Pour voir la vidéo c'est ici:

https://www.youtube.com/watch?v=aO7a7NugEd4

vendredi 5 août 2016

Sur l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Communiqué



Groupes Poulaille, Aubenas, Botul, Liaison Metchnikoff 04, Gaston-Leval,
groupe A 34 de la Fédération Anarchiste • le 31 juillet 2016

Dans une église de Haute-Normandie, deux hommes se réclamant de Daech 
ont égorgé un prêtre et blessé grièvement une autre personne, le 26 juillet 2016.
 La « classe politique » unanime appelle à faire bloc, la droite se contentant 
de réclamer encore plus de mesures répressives. Et ainsi celle-ci veut 
augmenter un arsenal policier et juridique liberticide. Par des déclarations 
d’intention guerrières, Hollande annonce qu’il mènera par tous les moyens 
la guerre contre l’État islamique. Ce qui permet aux marchands d’armes 
français de conforter leurs finances grâce à une économie de guerre : 
les revenus liés aux ventes d’armes par la France n’ont jamais été aussi élevés.
La prétendue « guerre de religions » qui se déroule au Proche-Orient est 
en train de mettre en place en Occident une stigmatisation qui attise 
la haine contre l’ensemble des populations musulmanes ou considérées 
comme telles. Il ne fait pas de doute que cette stigmatisation est l’un 
des objectifs poursuivis par Daesh, qui cherche à rallier la population 
musulmane à ses vues. Mais nous n’avons pas affaire à une « guerre de religions » 
entre musulmans et chrétiens, mais aux conséquences 
à la fois d’une politique étrangère impérialiste et post colonialiste et d’une politique 
intérieure socialement catastrophique.On oublie de dire qu’à l’échelle mondiale, 
en terme de morts, ce sont  les musulmans qui sont les principales victimes du 
fondamentalisme salafiste ou wahhabite. Naturellement, Hollande se garde bien 
de dire que l’intensification 
des interventions guerrières à l’extérieur est l’une des premières causes 
des attentats car c’est là un prétexte à la surenchère 
sécuritaire à l’intérieur qui a permis, pour la première fois depuis la guerre 
d’Algérie, l’instauration de l’état d’urgence, et qui justifie aujourd’hui 
la mise en place de la « réserve opérationnelle ». Une manière insidieuse 
de réintroduire une sorte de conscription et une forme de volontariat.
Des fanatiques abrutis de propagande s’attaquent à une église, à d’autres 
dieux en s’imaginant prouver la primauté du leur !
Nous autres, anarchistes, refusons toutes les religions, nous condamnons 
toute vision spéculative qui veut s’imposer par la violence. Nous gardons à 
l’esprit que Dieu n’existe pas, que les religions et les faits religieux ne sont 
que des outils pour nous asservir, et nous répondons à leur haine par la seule 
chose qui nous soit réellement acquise : la raison !
Ni spiritualisme religieux, ni autoritarisme !
Ni Dieu, ni Maître !

vendredi 1 juillet 2016

Se réjouir du "Brexit" ?



"Brexit", ce néologisme inventé par les médias pour parler de la sortie de l'Union Européenne par le Royaume Unis. Nous savons aujourd'hui ce qu'il en est. Et nous avons toutes et tous pu voir la joie de certains de nos compagnons de route ou proche camarade se réjouir du vote en faveur de cette sortie. Mais n'est-ce pas un peu se mettre le doigt dans l'œil ?
Tout d'abord, notons que c'est avant tout un vote de repli sur soi. La campagne a porté en grande partie sur l'idée que "entre nous, nous sommes mieux que salis par ces autres qui ne nous ressemblent pas". Nationalisme, patriotisme, xénophobie se sont exprimés comme rarement dans le Royaume Uni, en flux tendu pendant des semaines. Le racisme anti-musulman, sur fond d'attentats en Europe et amalgames douteux, est en roue libre. Même la mort de la députée pro-UE, Jo Cox, abattu par un raciste proche du Ukip (parti d'extrême droite), n'a que peu ralenti la course à la haine.
Comment, en tant qu'anarchistes, pourrions-nous nous satisfaire lorsque l'on voit un référendum être gagné sur des bases aussi malsaines ? Il y avait bien entendu des pros sortie de l'UE qui n'étaient pas sur ces délires, mais tous les sondages, toutes les études faites sur le vote final démontre que c'est bien la xénophobie (la peur de l'autre) qui a été le premier moteur en faveur du "Leave", et ce largement.
D'ailleurs, il est à noter que l'extrême gauche et la gauche anglaise, tout comme le mouvement anarchiste sur place, ont eu un mal fou à faire une contre campagne face à ce flot boueux. C'est même une non-campagne qui a été menée par le Parti Travailliste, la gauche sociale-démocrate anglaise. Seul le nouveau maire de Londres (Sadiq Khan) a mouillé la chemise non par amour éperdu de l'Europe, mais en réaction ferme face à la monté xénophobe. Et il est loin d'être l'homme le plus à gauche que l'on puisse connaitre …
Certes, l'Union Européenne, par sa direction très libérale, par son côté technocratique, par ses relents parfois anti-démocratique est plus que critiquable. Mais elle a permis des choses qui, pour nous, devraient nous parler : l'idée d'un état fédéraliste en devenir (même s'il est bien loin de ce que nous mettons derrière le fédéralisme, et que nous voulons la mort des états), d'une abolition des frontières (même si ce n'est pas pour tous et pas comme nous l'envisagerions) et d'une entraide entre nations évitant la guerre (même si là aussi il y a beaucoup à dire). Que nous le voulions ou non, l'idée de sortir pour se replier n'est pas une idée progressiste, et encore moins une idée qui devrait nous séduire. Même si ça enquiquine une partie des tenants du pouvoir, et une partie de la bourgeoisie européenne. Même si ça déstabilise les marchés qui ne sont que le reflet de notre société de consommation capitaliste.
Portée par le racisme, la xénophobie, le nationalisme et le patriotisme, cette "victoire" ne peut être saluée sereinement par des anarchistes. Elle ne peut, au contraire, que nous alerter sur l'immense tâche qui est la nôtre dans l'avenir pour changer la société non par le repli communautaire, mais bien par la libération des humains de leurs chaînes.
Si nous voulons du fédéralisme, nous le voulons à la sauce libertaire, si nous souhaitons la fin des frontières, ce n'est pas juste pour élargir le terrain de jeu des financiers, si nous désirons la fin de l'Europe, c'est que nous pensons que seul l'internationalisme couplé à une gestion anarchiste de la société est une porte de sortie valable.
D'ailleurs, pour finir, notons que même l'argument d'une sortie contre le libéralisme ne tient pas. Les porteurs de la sortie de l'Union Européenne sont, dans leur immense majorité, des libéraux économique pur jus. Un libéralisme sous le drapeau de leur "belle nation", mais un libéralisme économique débridé quand même !
A nous anarchistes de démontrer que la tentation patriotico-nationaliste n'est jamais le chemin de la paix.
Fab
Graine d'Anar – Lyon

jeudi 21 avril 2016

communique cnt lille suite au saccage de son local rue d'Arras par la police


le-local-cnt-de-lille-apres-intrusion-policiere-du-20-04-2016-00Dans le cadre de la lutte contre la loi Travail, une manifestation a eu lieu ce mercredi 20 avril 2016 à Lille. Suite à celle-ci, quelques militant-e-s se sont retrouvé-e-s à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille, pour ranger le matériel et faire le point. Ils/elles ont ensuite été rejoint-e-s par d’autres camarades.
C’est alors que des forces de l’ordre sont arrivées au local. Ils ont exigé de rentrer mais sans fournir aucun document légal. En l’absence de ces documents expliquant leur démarche et justifiant de leur droit, les militants présent-e-s leur ont refusé pacifiquement l’accès.
Les forces de l’ordre ont alors menacé de casser la vitrine. Elles ont fini par défoncer la porte au bélier, pénétrer dans le local, saccager une partie du matériel et procéder à une fouille en profondeur des lieux. Les militant-e-s présent-e-s ont gardé leur calme. Deux personnes ont été interpellées et sont actuellement retenues au commissariat central de Lille.
L’union des syndicats CNT de Lille dénonce et condamne avec force les violences policières, l’inacceptable intrusion des forces de l’ordre et la fouille de ses locaux.
le-local-cnt-de-lille-apres-intrusion-policiere-du-20-04-2016-reducSaccager un local syndical, c’est comme monter à l’assaut d’une Bourse du Travail. Un local syndical est un outil de défense pour les travailleurs/euses, un lieu d’accueil dans lequel les militant-e-s et les personnes qui nous sollicitent doivent pouvoir se retrouver en toute sérénité.
L’union des syndicats CNT de Lille réaffirme sa détermination dans la lutte contre la loi Travail. Ici comme ailleurs, ne nous laissons pas intimider par les violences policières !
Lille, 20 avril 2016
Union locale des syndicats CNT de Lille
32 rue d’Arras
59000 LILLE
Courriel : ul-lille [at] cnt-f.org




http://www.cnt-f.org/59-62/2016/04/communique-cnt-lille-suite-a-saccage-de-son-local-par-police/

jeudi 24 mars 2016

Pour un anarchisme pratique & d’action concrète



 Dans ma tentative de démontrer que le Code du travail n’était pas toujours garant de justice sociale, j’ai abordé une économie capitalisme tourné vers une financiarisation de plus en plus virtuelle basé sur la croyance en un marché régulateur dont l’argent est la référence de la richesse.
Dans sa critique et ses propositions, la réflexion des anarchistes et libertaires de la Fédération Anarchiste doit se porter sur les structures d’une économie de plus en plus immatérielle, basé sur le communicationnel, la robotisation et l'externalisation ou délocalisations vers des unités de travail salarial intermittent qui n'échappe pas à la mondialisation du capitalisme occidental. Face à cela, il reste encore des activités comme les réparateurs, les coiffeurs, les médecins généralistes, etc. qui font appel à une relation de face à face avec l’utilisateur (les F2F des anglais) et qui échappe à cet aspect. La forme actuelle du prolétariat -dans le sens de travailleurs salariés-, appelée à évoluer avec l’apport des nouvelles technologies, doit nous interpeller et nous permettre de proposer un anarchisme réévalué par rapport à ces schémas idéels des 19ème & 20ème Siècles.
Les anarchistes ne doivent pas, seulement exister en se positionnant « Contre » les structures sociales du capitalisme dans ses mutations actuelles, ni se perdre dans les problèmes du quotidiennisme.  Depuis les seventies, quotidiennisme et militantisme libertaire s'entretiennent comme un couple pathologique qui malgré ses contradictions ne veux pas se séparer. La pratique maladive de cette militance ou le "moi" est avant tout l’objet, risque de rate son but et de faire le jeux d’un libéralisme uniquement ancré dans la compétition capitaliste. Le militant n'est alors perçu que comme un.e «pauvre type ou nana», frustré.e d'affection, de reconnaissances sociales, traumatisé.e  par certaines  bassesses  de la vie, des rapports sociaux et centré.e  sur le ressentiment. Le militantisme devient comme l'illusion inévitable d'une activité possible dans un monde qui le rend presque impossible, un moyen mystifié ou mythique d'échapper à la passivité dominante.
L’anarchisme a une autre dimension. Celle d’ouvrir la voie vers une autre civilisation qui se définie par d’autres dimensions culturelles, politiques, économiques et d’autres organisations sociales et sociétales sous l’administration et la responsabilisation de tous.tes ce qui le veulent.
Pour cela, l’anarchisme doit se présenter en « force d’alternative ». Pour réaliser cet objectif, elle doit s’émanciper du champ du ‘pur idéalisme’ dans lequel l’enferme, nos « anarchistes de luxe » et « penseurs "post-modernes" – plutôt post structuralistes ou soixante-huitards - », pour être une proposition auto-organisationnelle pratique, simplificatrice que l’on peut par exemple qualifier de Social-fédéralisme-libertaire. Une proposition qui soit dans le cadre du possible, du faisable, du réalisable.
Le capitalisme a su rendre son idéalisme crédible – l’ensemble de son économie est basé depuis sa création sur la crédibilité, de fait, comme la dette ou le prêt bancaire, il est basé sur la croyance, la bonne foi du préteur ou du producteur.
Nous devons démontrer, que les idées de l’anarchisme, ne sont pas des naïvetés ou une utopie irréalisable comme les qualifies nos détracteurs empêtrés, emprisonnés qu’ils sont dans leurs conformismes formatés dans leurs croyances en les médiations étaticocapitalistes sécuritaires. Dans ce but nous devons prouver et justifier que nos idées sont des propositions réalisables, praticables et des alternatives pour une civilisation de l’ici & maintenant et du futur proche.

Michel-Robert Sahuc, Montpellier

vendredi 4 mars 2016

le Code du travail est il toujours garant de justice sociale ?


Je me rappelle que l’une des premières questions que nous nous posions dans les années 90 lors de la création du groupe La Sociale de Montpellier fut de savoir si le Code du travail était toujours garant de justice sociale ? Cette question reste d’actualité.
Il faut souligner que l’ensemble du Code du travail repose sur le postulat fondamental de l’inégalité économique entre l’employeur et le salarié. Il ambitionne donc à limiter le plus possible les effets pervers de cette inégalité. Il est fondé également sur un rapport de subordination. L’employeur a l’autorité hiérarchique et ne doit pas en principe en abuser. Ses articles législatifs se sont juxtaposés bon en mal en pour y opposer des limites : la loi, le texte conventionnel, le contrat de travail. Il faut savoir que le contrat ne prime pas sur la loi. Donc, plus on va vers la relation individualisée, comme c’est le cas avec le travail intermittent, plus on doit améliorer des conditions pour le salarié. La loi n’est qu’un socle de base. Dans le cadre de la défense des quelques acquis sociaux qui subsistent, se poser la question de la dérégulation qui risque de mettre en échec la protection du salarié dans ses rapports de subordination et d’inégalité. Même avec sa « légitimité », le Code du travail ne suffit pas. Dans un cadre syndical défensif, Il est nécessaire, face à la dérégulation proposée par l’état et les entreprises capitalistes de renforcer un cadre protecteur. Il suffirait de lutter pour le faire dans une logique de pure protection sociale et surtout pas dans une logique d’appui professionnel ou corporatiste. Les salariés ne se laissent pas leurrer par les nouveaux types d’activités et de contrats que propose la logique financière du marché capitaliste. Le discours patronal « tous autoentrepreneurs » n’est pas possible et cache soit « tous travailleurs précaires » et/ou « tous Travailleurs à flux tendu ». Même les cadres et les cadres supérieurs se trouvent dans ce cas prolétarisés car mis en concurrence avec des tâches informatisées. Dans ce cadre, le management créer l’illusion de l’autonomie dans un cadre de surveillance centralisé et autoritaire.
En perte d’égalité et de liberté sociale, les travailleurs ont besoin de structures de défense pratiques. Qui restent ces dernières ?  Certainement pas les managements entrepreneuriaux ou administratifs et leurs DRH. Malgré toute son imperfection, son institutionnalisation dans la structure économique du capitalisme, il ne reste que Le syndicalisme.
 Le syndicat a été un appui, quand on connaissait une identité de condition de travail. Les premiers effritements datent des négociations sur les horaires variables, il y a quarante ans. Plébiscités par les salariés, ils furent refusés par les syndicats, qui avaient compris que l’on faisait tomber l’uniformité de traitement dans une individualisation des tâches et des salaires. Ce fut le point de départ de la chute des capacités des syndicats de défendre la totalité du personnel. Cet éclatement limite les espaces de défense communs. Le travail externalisé, à domicile ou dans des locaux participatifs, c’est formidable pour certains, mais malheureusement plus difficile pour développer un syndicat.
Notre société est marquée par l’individualisme, avec l’émergence du sujet et de son autonomie – effet jugé, parfois, positif – et son revers dans l’isolement, qui va frapper les plus fragiles. Ce phénomène en se généralisant entraîne des réalités nouvelles comme la souffrance au travail, le stress. L’injonction à devenir autonome rend, faute de soutien, cette évolution plus difficile, plus angoissante. Ce qui devient un réel problème. On constate, à présent l’émiettement des statuts, notamment avec la sous-traitance due à l’externalisation et la flexibilité des tâches. Comment agir pour défendre les plus fragiles socialement ?  Certes, la législation a mis des parapets.  Une entreprise bénéficiaire doit payer les cotisations sociales de son sous-traitant, si celui-ci fait défaut. La fausse sous-traitance – contrôlée par entreprise qui permet de payer moins – est mieux combattue. Depuis juin 2013, les contrats à temps partiel sont réglementés : au minimum 20 heures, sauf exception, négociées avec le salarié, et à sa demande. Cependant avec l‘extension de la sous-traitance, l’esclavage moderne existe encore ; Il faut un socle a minima de règles et de garanties, pour tous, y compris les sous-traitants.
On oubli cette revendication du prolétariat révolutionnaire qui reste l’abolition du salariat. Le débat faisait fureur au sein des associations ouvrières réunies en congrès à la fin du XIXème siècle.  Les révolutionnaires estimaient que le salariat, qui suppose la subordination du salarié à l’employeur, le privait de sa liberté et constituait une forme moderne d’esclavage. Les réformistes, qualifiés d’opportunistes, recherchaient un compromis du côté de la juridiction prud’homale afin d’obtenir un aménagement du contrat favorable au salarié. Proudhon, ironique, estimait que l’abolition du salariat dans l’économie de marché était « comme si le ministère entreprenait de délivrer le budget de l’oppression des contribuables ». Marx estimait que « le salariat ne créant pas propriété au profit de l’ouvrier ne faisait que créer de la concurrence entre les ouvriers ». On aurait bien tort de marquer de la distance vis-à-vis de ces revendications ancestrales aux yeux de certains. Elles traduisent, même sous leur aspect binaire « la propriété ou rien » un sourd besoin de liberté, d’égalité sociale, de respect et d’autonomie.
  Je partage donc à 90% l'avis de François, en insistant sur le fait que notre analyse du salariat se doit d'avoir en perceptive la fin du salariat lui-même, donc la fin du travail salarial pour le remplacer par des activités ou des tâches sociétales - dans le but de répondre à l'auto-administration et à la satisfaction des besoins de l’ensemble de collectifs sociétaux autonomes fédéralistes -.

Michel-Robert groupe A 34 et Gard, Vaucluse

mardi 23 février 2016

Les prolétaires peuvent bien crever, l'Etat les digère


Voilà la nouvelle salve du gouvernement contre les prolétaires. C'est ainsi donc que se pose les choses : l'Etat est là pour garantir aux plus riches de le rester, et que celles et ceux qui bossent le fassent toujours plus, pour toujours moins, et avec le sourire !
 Il semble qu'il n'y ait pas mieux que la gauche pour mener une politique de droite ! Elle fait en tout cas aujourd'hui de lit de sa petite sœur d'hémicycle. Préparant le terrain pour l'avenir.
La contre révolution violente que nous subissons aujourd'hui n'est pas nouvelle, mais le manque de réponse sociale en face fait que les petits laquais des possédant.e.s s'en donnent à cœur joie.
Dans le monde entier les quelques nantis dictent leurs lois, demandent de faire plier les plus pauvres. Cette guerre n'est pas un petit phénomène nationale, mais c'est bien une guerre internationale contre les plus démunis qui est lancée depuis des années !
En ce moment, en France, patronat exige, les ministres exécutent ! 60 heures par semaines ? Oui oui oui crie El Khomri ! Des journées de 12 h ? Encore oui ! Des apprentis qui remplacent des emplois ? Ho que oui ! Des conditions de travails qui se dégradent ? Mais oui mon bon patron ! Des licenciements encore facilités ? Oui, cent fois oui !
Soyons clairs : si la Fédération Anarchiste est pour l'abolition du salariat et du travail, elle n'en reste pas moins convaincue que les avancées, même soumises à ce statut, sont importantes et doivent être conquises !
La réaction face à cette contre révolution ne peut être la passivité. Tout ce que nous avions gagné par le passé, nous sommes allé.e.s le chercher par la lutte, la grève, l'insurrection. Et dans l'union la plus large possible des prolétaires.
Ne laissons pas les nantis et leurs affiliés (états, religions, nationalistes, etc…) jouer encore avec nos vies.
La seule réponse qui vaille aujourd'hui est la même qu'hier : l'unité face aux nantis, l'unité dans la grève et l'action. Une utopie ? Peut-être. Une nécessité ? Sans aucun doute possible ! Et ce jusqu'à la mort du salariat ! Et que vive l'autogestion !
Fédération Anarchiste




dimanche 17 janvier 2016

Goodyear :L'État au secours du capital





C'est l'histoire de 1 300 salariés d'une multinationale, qui se battent depuis sept ans pour ne pas perdre leur emploi. Parce qu'un conglomérat d'actionnaires avait mandaté leurs sbires pour fermer l'usine, deux d'entre eux ont été séquestrés 30 heures. Fallait bien essayer de leur faire entendre raison ; juste séquestrés, pas violentés ; même s'ils mettaient le feu à la vie de plus de mille salariés. Que de retenue !

Après ces faits, une plainte est déposée par la direction et les séquestrés. L'accord de fin de conflit imposant l'abandon de toutes les poursuites judiciaires, elle est retirée. Mais l'État, dans son rôle habituel de protecteur des puissants, représenté par le Procureur de la République, a maintenu sa plainte. Et voilà donc huit des prolétaires dont on a détruit la vie qui se retrouvent face à une peine de 9 mois de prison ferme. Uniquement pour avoir défendu leur droit de vivre dignement. Il s'agit bien là d'un choix politique puisque précédemment le ministère du travail a autorisé le licenciement de délégués syndicaux Goodyear, refusé par l'inspecteur du travail.

F. Hollande, alors candidat, avait promis aux Goodyear de faire voter une « loi contre les licenciements économiquement injustifiés ». Une fois élu, son seul geste sera de s'en remettre à Morry Taylor, patron américain du groupe Titan, pour sauvegarder quelques 300 emplois. Pour imposer ses conditions celui-ci avait déclaré : « Les ouvriers français sont très bien payés et ne travaillent que 3 heures par jour, passant le reste du temps devant la machine à café. Je peux installer mes usines en Inde ou en Chine, pour un salaire de moins d'un euro de l'heure et 10 à 12 heures de travail par jour ».

Depuis plusieurs années les luttes, notamment les plus radicales, Molex, Continental, Fralib, Florange... font face à la violence policière et patronale. À Goodyear une direction de combat n'a pas hésité à utiliser des vigiles et des hommes de main dans les ateliers. L'État fait le choix de museler le mouvement social en tentant d'étouffer toute initiative, en détruisant ceux qui luttent et en les jetant en prison. Comme le souligne la CGT Goodyear : « Le but est de faire peur aux syndicalistes pour qu'ils cessent de se battre pendant que le gouvernement propose la suppression de la moitié du Code du travail ».

Plus que jamais, la Fédération Anarchiste est aux côtés de ceux qui luttent contre les oppresseurs patronaux. Plus que jamais nous réaffirmons que la lutte sociale n'est qu'une juste réponse à la violence patronale.

Nous exigeons l'annulation de la condamnation des salariés, et nous mettrons tout en œuvre pour l'obtenir, notamment en participant au grand rassemblement solidaire « Nous sommes tous des Goodyear ».

Mort à l'État, mort aux patrons ! Autogestion à tous les étages ! Et que vive l'anarchie !

Chat noir ,Groupe Montpellier 34 de la Fédération anarchiste




Demande de déchéance de la nationalité française


                                                                                 À Mr le président.









Nous sommes nés dans ce pays, la France, par hasard. Nous n’avons choisi ni de naître, ni de naître en France. Il en va ainsi de tous les êtres humains.
Jusqu’à présent, ce non-choix ne nous posait pas de trop gros problèmes. Nous aurions pu tomber plus mal.
Depuis déjà quelque temps, cependant, entre Notre-Dame-des-Landes et la condamnation de syndicalistes à de la prison ferme, nous avions quelques doutes sur votre capacité à faire rêver d’une France dite pays des droits de l’homme. Vous nous accorderez de ne même pas parler de socialisme.
Avec votre dernier tripatouillage politicard à propos de la déchéance du droit de nationalité, les choses sont claires. Vous jouez avec les allumettes. Vous savez que les terroristes se moquent comme de leur première chemise d’être déchus ou non de… Et pourtant, vous êtes en train de mettre en place un arsenal juridique démagogue qui assigne aujourd’hui à résidence des écolos et des syndicalistes et qui, demain, se retournera contre vous..
Rappelez-vous, Martin Niemöller. Libéré des camps par la chute du régime nazi, en 1945. Il est l’auteur de Quand ils sont venus chercher… faussement attribué à Bertold Brecht. Il disait : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit,… je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus me chercher, …il ne restait plus personne pour protester. »
Monsieur le Président, demain, quand ceux que vous prétendez combattre seront au pouvoir, ils se contenteront d’appliquer vos lois. Comment ne comprenez-vous pas cela ?
Par voie de conséquence, comme nous le permet encore la Constitution, nous nous déclarons en situation d’insurrection.
Par la présente, veuillez recevoir notre demande de déchéance de la nationalité française. Pourquoi ?
Nous autres, Français de hasard, ne voulons plus être français tant que vous incarnerez cette idée de la France.
Par la présente, nous vous informons également de notre volonté de créer dans les plus brefs délais une carte d’identité et un passeport de citoyen du monde.
Monsieur le président, prévenez vos gens d’armes, que nous serons lourdement armés de ces armes de destruction massive que sont l’intelligence, la non-violence, l’honneur et… l’humour. Et que nous n’hésiterons pas à tirer ! Avec ces armes là !

jeudi 10 décembre 2015

Le FN au pouvoir dans cetaines communes.


 trouver ce document intéressant, sur libé. Il s'agit d'un petit fascicule piloté par les secrétaires nationales PS, Sarah Proust et Elsa Di Meo, faisant un point sur la réalité-terrain des politiques des maires FN élus dans les communes de France depuis les dernière municipales.
Le résultat est édifiant...

 Beaucaire :
- Les familles modestes qui devront dorénavant acquitter la somme de 1,23 euro par repas pour un enfant - Document municipal sur la rentrée scolaire 2012/2013.
- Refus d’attribuer la subvention municipale proposée par l’ancienne municipalité au centre social et culturel Maison du Vivre Ensemble- Ferdinand Buisson - Huffington Post le 1er février 2015.
- Interdiction de cantine pour les enfants dont les parents ont un retard de paiement - FranceTVinfo le 3 février 2015.
- Rejet de la demande de transport en car sollicitée par le coordonnateur du réseau ECLAIR pour le Festival de Cinéma Scolaire, à Tarascon. - Objectifgard, 12 février 2015 ; Le dauphine.com, 16 mars 2015.
- Virulente tribune du maire contre l’accueil des élèves allophones. Devant scolariser de « nouveaux enfants étrangers pour la plupart originaires du Maghreb et/ou de nationalité espagnole » (en fait 22 élèves en primaire, 9 en maternelle) - Lelabpolitique-Europe1, 4 septembre 2014.
- Condamnation du maire à 1 500 euros d’amende pour avoir injurié une syndicaliste de la CGT -Midi-libre, 22 septembre 2015.
- Coupes sombres dans le montant des subventions qui passe de 580 000 euros à 424 546 euros, soit une différence de 87 373 euros, en baisse de 27 % - Objectifgard 25 avril 2015 ; L’Humanité, 23 avril 2015.
- Le Stade beaucairois, modeste pensionnaire de division d’honneur régionale (7e division nationale), a vu sa subvention municipale baisser de moitié - Le Monde, 14 avril 2015.
- La rue du 19 mars 1962 est débaptisée. Située dans une petite rue pavillonnaire, elle sera désormais dénommée « rue du 5 juillet 1962 », en mémoire du massacre de centaines de civils européens et musulmans à Oran - Midi-Libre, 19 mars 2015 et 5 novembre 2015.
- Interdiction de médias locaux ou nationaux : Midi Libre, Canal+, BFM TV, Le Dauphiné Libéré, Mediapart, Objectif Gard…

Béziers :
- L’accès à l’épicerie sociale est dorénavant réservé aux seuls habitants qui ont « au moins un an de séjour dans la ville » et baisse de 365 000 euros de la subvention municipale au CCAS - Médiapart, 8 août 2014.
- Suppression de l’accueil le matin avant l’école désormais réservé « aux enfants dont les parents exercent une activité professionnelle, ou dans le cas d’une famille monoparentale dont le parent ayant la garde de l’enfant exerce une activité professionnelle » -  Les Presses, page 218, 2015.
- Suppression de l’étude surveillée pour 320 élèves, remplacée par un simple système d’accueil - BFMTV, 02 juin 2014 ; Midi Libre, 26 mai et 05 juin 2014.
- En visite dans une école municipale, le maire de Béziers a menacé un enseignant qui refusait de lui serrer la main, de le gifler et de le faire muter de la ville - Huffington Post, 26 septembre 2015.
- Suppression du festival Fèsta d’Oc sans en informer les organisateurs ; diminution des concerts pendant la Féria - Midi-Libre, 28 janvier 2015.
- Suppression du poste de directeur des théâtres et de la culture de la ville ; fin des concerts gratuits de « Swing les pieds dans l’Orb » ; la gratuité des musées n’est plus réservée qu’aux seuls Biterrois - Midi-Libre, 24 juillet 2014 ; La Marseillaise, 4 mars 2015.
- Accueil en grande pompe de l’essayiste Éric Zemmour, invité à disserter dans le cadre d’un cycle de conférences « pour faire entendre ceux qui pensent autrement que les médias dominants » - Libération 6 avril 2015.
- Agenouillement devant une stèle de l’OAS ; renomination de la rue du 19 mars 1962 (date des accords d’Évian et journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc - Midi-Libre, 5 décembre 2014.
- Déclaration du maire lors de l’émission « Mots croisés » sur France 2, le 5 mai 2015 « Il y a “64,6 %” d’élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de Béziers. - Le Monde, 3 juillet 2015 ; Le Point, 26 novembre 2015.
- Refus de célébrer des mariages quand il s’agit de couples homosexuels, couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, entre 23 heures et 6 heures, dans le centre-ville et le quartier de La Devèze - Midi-Libre, 18 septembre 2014 et 5 avril 2015 Libération 06 avril 2015.
- Décision de célébrer une messe à l’ouverture de la Féria - Midi-Libre, 19 août 2014.
Camarets-sur-Aigues :
- Censure contre le film « La Belle Saison » qui représente la France aux Oscars,  sous couvert de protéger les valeurs familiales, répand les passions tristes et la haine du corps » - Les Inrocks, 21 septembre 2015.
Cogolin :
- Baisse de 46 % de la subvention au Centre Communal d’Action Sociale - Place-publique Cogolin 6 octobre 2015.
- La mairie n’offre plus de dictionnaire aux élèves de CM2 qui passent en 6e pour des « raisons budgétaires » -Les Inrocks, 03 novembre 2014.
- Interdiction d’un spectacle de danse orientale car « on est en Provence ici, pas en Orient » - La Dépêche, 3 octobre 2014.
- 5 associations ont vu leur subvention totalement supprimée : l’Aïkido, les Amis du Coq instruit, les Varois de Paris, Loisirs Nature et le Taekwondo. La subvention allouée au club de basket-ball est passée de 20 000 à 3 000 € (en baisse de -85 %) - Var Matin, 6 octobre 2015, Place Publique, 6 octobre 2015.
- A l’occasion de l’installation de la crèche de Noël, le maire d’extrême droite a expliqué qu’il « défendrai[t] (...) jusqu’à la dernière goutte de [son] sang les racines chrétiennes » de la France et s’en est pris à ceux qui veulent « transformer la France en une terre soit laïque soit islamisée » - Médiapart, 11 décembre 2014.
Fréjus :
-Diminution des subventions aux centres sociaux : -65 % pour La Gabelle, -57 % pour L’Agachon et -46 % pour Villeneuve. Var-Matin, 15 mai 2014.
- « Les logements sociaux iront aux vrais Fréjusiens » - Forum Républicain de Fréjus, 2014.
- Diminution de 20 % du budget de fonctionnement des écoles ; baisse de 16 % du budget alloué aux écoles pour l’achat de manuels et de fournitures qui est passé de 43 à 36 euros par enfant (baisse de 16%) ; réduction de 20 % du budget des transports pour les sorties sportives; suppression des subventions pour les classes-découverte ; ventes de terrains communaux utilisés notamment pour la pratique du sport - Médiapart, 8 août 2014, Var-Matin 3 et 30 avril 2014.
- En février 2015, une lettre de l’adjointe aux affaires scolaires relance le sujet des élèves allophones estimant que le dispositif ELCO (Enseignement des Langues et Cultures d’Origines) « semble en complète contradiction avec la mission de l’école publique - Var-Matin, 25 février 2015.
- Fin des abonnements de la bibliothèque municipale à certains titres de la presse, tels Libération et Le Figaro ; Iinterdiction de l’événement festif de musique électronique « Funky Family Fes » - Libération, 15 janvier 2015 ; Le Figaro, 16 janvier 2015 ; Technoplus, 19 janvier 2015.
- La municipalité FN exige qu’une quinzaine d’artistes et d’artisans d’art installés dans des locaux qu’elle leur loue à prix modérés participent en contrepartie, et bénévolement, à l’accueil d’enfants de maternelles et d’écoles élémentaires dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires - Le Parisien, 30 juillet 2015 ; La Dépêche, 30 juillet 2015.
- La municipalité confie l’animation du festival d’été 2014 à la société « La patrouille de l’événement » créée le 25 avril 2014 et dirigée par d’anciens militants de l’extrême droite - Marianne, 29 août 2014 et 4 août 2015.
- Réduction de 300 000 € (soit -30 %) de la subvention de l’AMSL – l’Association Sport et Loisirs - la plus grosse association de la région Paca avec 5 000 licenciés, 20 salariés, 18 éducateurs et 15 employés. - Var-Matin, 9 mai 2014.
- En deux ans, baisse de 110 000 euros (soit -22 %) de la subvention au club de l’Étoile sportive fréjussienne qui évolue en National - Ma ville couleur bleu marine, E Farel, M Fieschi, M. Gherdane, P. Wallart, Flammarion, page 261.
- Inauguration d’une stèle commémorant la mémoire de « ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie » qui est l’occasion pour le maire de prononcer un discours à la gloire de l’Algérie française - Ma ville couleur bleu marine, E Farel, M Fieschi, M. Gherdane, P. Wallart, Flammarion, page 261.
- Un arrêté est pris dès octobre 2014 pour suspendre les travaux en cours d’une mosquée - Var-Matin, 27 novembre 2015.
- Interdiction d’accès à un journaliste de l‘Express à sa conférence de presse au soir de l’élection municipale, etc. -  Nice Matin, 08 septembre 2015.
Hayange :
- Le maire fait repeindre, sans autorisation de l’artiste, en « bleu piscine » une sculpture qu’il juge trop « sinistre » ; il refuse la proposition d’une association d’organiser des cours de danse orientale car « pas compatible avec le FN » ; il supprime des conférences-débats, cafés-philo, expositions, ateliers de découverte des arts et de l’artisanat - Libération, 29 juillet 2014 ; FranceTvinfo, 24 octobre 2014.
- Diminution de 25 000 euros de la subvention à l’Académie musicale hayangeoise au prétexte qu’il n’y a pas que les petits hayangeois qui la fréquentent ; suppression des conférences-débats, des cafés-philo, des expositions à la bibliothèque municipale ainsi que des ateliers de découverte des arts et de l’artisanat - Le Républicain Lorrain, 16 avril 2015.
- La subvention au Football Club s’établit à 10 700 € contre 30 000 € précédemment - La Voix du Nord, 9 octobre 2014.
- Décision de repeindre en bleu-blanc-rouge les trois wagonnets de mine érigés à l’entrée de la ville en hommage à tous les mineurs de la région - Le Parisien, 23 août 2014.
- Instauration de la « fête du cochon » - Tempsreel.nouvelobs.fr 11 et 12 septembre 2015.
Hénin-Beaumont :
- Publication d’un arrêté anti-mendicité - Le Tribunal administratif de Lille a suspendu l’arrêté jugeant que « l’interdiction prononcée par cet arrêté n’est ni nécessaire ni proportionnée aux atteintes portées à la liberté d’aller et venir et à celle d’utiliser le domaine public » - Le Monde, 22 juillet 2014).
- Interdiction de marché de Noël pour le Secours Populaire - Metronews, 8 novembre 2015.
- Décision du maire à l’encontre de La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), qui s’est vu supprimer la possibilité de bénéficier du local mis gracieusement à sa disposition par la mairie, ainsi que de la subvention qui lui était jusqu’à présent versée - L’Humanité 9 mars 2015 ; blog PCF Hénin-Beaumont, 20 juillet 2014.
Le Luc :
- Fermeture en catimini de l’épicerie sociale et solidaire « La Galinesse » - Compte-rendu conseil municipal 13 novembre 2014.
- Annulation au dernier moment du Techno Amne’zik Open Air Festival, en dépit des autorisations de la municipalité précédente et des services départementaux obtenues plusieurs mois plus tôt - Var-Matin, 18 juillet 2014.


Mantes-La-Ville : 

- Le maire veut réserver la cantine aux enfants dont les deux parents travaillent. Les économies envisagées se révélant assez faibles, l’idée du maire est abandonnée - Le Parisien, 8 décembre 2014.
- Le maire envisage la fermeture de centres de vie sociale (CVS) est en jeu - Le Point, 19 septembre 2014.
- Fin de la gratuité des activités périscolaires - France Inter, 30 septembre 2014 ; France Culture 18 février 2015.
- Suppression du seul poste de professeur de peinture à l’huile à l’école d’arts plastiques de la ville ; le maire déclare ne vouloir soutenir aucun projet au contenu « subversif, ou transgressif » - France Culture, 18 octobre 2015.

- Baisse de l’enveloppe des subventions municipales de 22 % pour toutes les associations - France Culture, 18 octobre 2015.
- Le maire s’acharne contre le club de football local, le FC Mantois, qui avec près de 1 000 licenciés et une équipe qui évolue en CFA, est l’un des plus grands clubs des Yvelines et de la région parisienne. - Le Monde, 11 avril 2015.
- Obstination du maire à dénoncer un projet de construction d’une mosquée dans la ville, en lieu et place de celle existante déjà, un pavillon trop vétuste qui doit être démoli.
- Fin de la mise à disposition d’un local municipal à La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et suppression des aides municipales à l’association - Francetvinfo, 31 mars 2015.


Marseille (7è secteur) :
- Le maire d’arrondissement vote contre les aides de la communauté d’agglomération à la construction - Médiapart, le 8 août 2014.
- Le maire s’en prend à une expo sition installée à la Friche de la Belle-de-Mai, une pépinière artistique installée dans une ancienne manufacture de tabac - Huffington Post, 10 septembre 2015.
- La directrice générale des services (ex directrice des affaires culturelles à Marignane sous le mandat des Megret) plusieurs spectacles trop 'interculturels' sont menacés d'interdiction - La Marseillaise, 2 novembre 2015.

Le Pontet :
- Suppression de la gratuité de la cantine pour des familles les plus pauvres de la ville. 65 enfants sont directement concernés - Compte-rendu de la séance du conseil municipal du 25 juin 2014).
- Fin du Téléthon - Le Lab Politique / Europe 1, 19 septembre 2014.


Villers-Cotterêts :

- Le repas des cantines est passé de 1,50€ à 2,50€ : une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l'heure du déjeuner - L'Union, 27 juin 2014.
- Censure du livret d’une exposition consacrée au thème de la montée des eaux et présentée à la médiathèque. Il comportait une œuvre symbolisant « la montée de l’extrême droite »- Le Figaro, 29 septembre 2015.
- Interdiction d’un concert d’un groupe de rock car il ne correspond pas à « l’image de la ville » et que le maire n’aime pas trop les messages de ce groupe - Le Monde, 21 mai 2014.
- Refus de commémorer l’abolition de l’esclavage - L’Express 10 mai 2014.
- Refus de renouveler la subvention allouée à la CGT (syndicat) et à la FCPE (association de parents d’élèves) au motif que ce sont des « associations partisanes » - L’Union, 25 avril 2014.


A Frejus, Hayange et Mantes-la-Ville :
Retrait des drapeaux européens du fronton de la mairie - Challenges, 6 décembre 2014.


A Frejus, Luc-en-Provence et à Cogolin : Démission, en novembre 2015, des trois maires de l’Association des Maires de France après la publication d’un vade-mecum sur la laïcité qui précise notamment que « la présence de crèches de Noël dans l’enceinte des mairies n’est pas, du point de vue de l’AMF, compatible avec la laïcité.

lundi 16 novembre 2015

★ Communiqué de la Fédération anarchiste




Vendredi 13 novembre, au fil des événements, l’inquiétude grandissante a peu à peu laissé la place à la consternation la plus profonde et à la colère face au bilan sans cesse plus lourd des attentats qui ont eu lieu à Paris : un bain de sang inutile, atroce, nauséabond, rappelant les pires exactions dont l’humanité sait malheureusement se montrer capable.

Les adhérent.e.s et sympathisant.e.s de la Fédération anarchiste sont révolté.e.s contre ces actes de la barbarie. Nous adressons toute notre sympathie aux personnes qui ont subi ces violences, à leurs familles, à leurs ami.e.s, à ceux et celles qui y sont resté.e.s et à celles et ceux qui ont heureusement sauvé leur peau.

Des assassins intoxiqués par une idéologie délirante ont fait régner la terreur à Paris comme ils la font régner au Moyen-orient et en Afrique. Ils peuvent se réclamer d’un dieu ou de la souffrance des populations en Syrie, en Palestine ou ailleurs. Ils ne sont que des meurtriers qui tentent dérisoirement de donner une justification à leurs actes. Ils n’en ont aucune.

Nous rejetons tout autant les tentatives d’amalgames qui n’ont pas manqué d’apparaître. L’essentiel de ce que l’on catégorise comme des populations musulmanes, sont des individus comme les autres : certains pratiquants, d’autres seulement croyants, d’autres encore athées, tous voulant simplement vivre en paix. Nous en avons tous et toutes le droit légitime.

Nous ne cautionnerons pas davantage les accents guerriers que ces exactions ont instantanément suscitées. L’état d’urgence en France, la tentation de soutenir Bacher El-Assad, de redoubler les bombardements sur des objectifs soi-disant ciblés mais qui font toujours plus de victimes parmi des populations civiles prises en otage, déplacées, dépecées. La guerre engendre toujours la guerre.

Nous veillerons enfin à la mesure de nos moyens à ce que les migrant.e.s ne subissent pas les conséquences des exactions commises par ces fous de dieu qu’ils et elles ont fuis en quittant leur pays dans des conditions extrêmes. C’est la solidarité sans faille de tous ceux et celles qui subissent l’oppression, qui permet l’émancipation.

Ni dieu, ni maître !
Fédération Anarchiste

jeudi 12 novembre 2015

Au-delà du climat




Après les avortements semi-clandestins (« sommets » de Rio 1992, Kyoto 1997, Copenhague 2009, Cancun 2010, Durban 2011, Lima 2014), la 21e conférence des Nations unies sur le climat (COP21) se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain. Décrypter les enjeux géopolitiques, économiques et financiers qui entourent cette nouvelle grand-messe onusienne, c’est prédire – avec une marge d’erreur quasi nulle – un nouvel échec. Pour dépasser – peut-être – les intérêts divergents, les égoïsmes nationaux, les antagonismes historiques, la seule solution appartient aux peuples, à condition de vouloir sa mise en œuvre.

Ce que la science et l’observation nous apprennent

Depuis 1880 – date des premiers relevés – la température du globe s’est élevée de 0,85°C en moyenne, et quatorze des quinze premières années du 21e siècle sont les plus chaudes jamais enregistrées (ces chiffres masquant évidemment d’importantes disparités). D’ici à la fin du siècle, il faut s’attendre à un réchauffement supplémentaire de 0,3° à 4,8° selon les différents scénarios d’émissions. Or au-dessus de 2°C de réchauffement moyen, les impacts sur les différents milieux – et donc sur l’homme – seront considérables. Déjà aisément observables sur une planète mise à feu et à sang, les conséquences ne peuvent que s’accélérer si les causes persistent : phénomènes extrêmes (cyclones, tempêtes…) plus fréquents et surtout plus intenses, extinction en masse d’espèces végétales et animales, hausse du niveau de la mer… (avec la naissance d’un nouveau concept, celui de « réfugié climatique »). En particulier, le changement climatique représente la première menace sur la sécurité alimentaire dans les prochaines décennies, en raison de son impact sur les rendements agricoles et la multiplication des sécheresses et des inondations, destructrices pour les récoltes.

Or il est « extrêmement probable » (ce qui signifie une certitude comprise entre 95 et 100%) que ce déréglement climatique soit lié aux émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités humaines. L’essentiel de ces gaz (CO2, responsable de 74% des émissions, méthane - 16% - protoxyde d’azote - 8%) est produit par la fabrication de notre énergie, nos déplacements, notre alimentation et la déforestation. Entre 1900 et 2010, les émissions mondiales de GES ont crû de 30% ; elles dépassent désormais ce que l’écosystème Terre (océans, photosynthèse) est capable de recycler. Avec, bien entendu, un profond sentiment d’injustice puisque les principales victimes sont les pays pauvres et les principaux responsables les pays riches, dont la prospérité est bâtie sur une histoire meurtrière.

L’illusion des énergies renouvelables

Un jeu d’enfant ! Puisque l’utilisation massive des combustibles fossiles constitue la cause principale du dérèglement climatique, il suffit de s’orienter vers les énergies renouvelables et les techniques douces, par le biais d’une « transition énergétique », véritable « dynamique vertueuse créatrice de richesses et d’emplois, portée par une réglementation transparente, une écofiscalité équitable, le développement d’une culture de la citoyenneté énergétique » !! Une « troisième révolution industrielle » qui « autoriserait même un partage local de la richesse issue de la valorisation du potentiel énergétique de chaque territoire, et contribuerait à diminuer les tensions géopolitiques induites par les inégalités d’accès à l’énergie » !! Selon les dirigeants et leurs valets, un authentique conte de fées ! Solaire, éolien, hydraulique, biomasse, déchets, géothermie… : réserves insoupçonnées, perspectives mirobolantes d’énergie propre ! On en oublierait presque que 50% de la consommation mondiale d’énergie est engloutie par seulement 15% de la population mondiale. On oublierait presque également que, malgré les discours lénifiants, 600 à 1000 milliards de dollars de subventions publiques annuelles sont attribuées aux énergies fossiles ! Et si la réalité était beaucoup moins enthousiasmante (entendons-nous bien : il ne s’agit pas de dénigrer ces énergies qui seront incontournables, seulement de reconnaître qu’elles ne suffiront pas, loin s’en faut, à répondre aux besoins croissants de l’humanité : pays émergents, augmentation démographique) ?

L’énergie, c’est le pouvoir

La réalité, c’est d’abord un bilan chiffré : l’ensemble des énergies renouvelables ne représentent actuellement que 14% de l’énergie primaire totale consommée dans le monde (et seulement 6,4% dans l’Union européenne). C’est dire que leur poids économique est très inférieur à leur visibilité médiatique (surtout si l’augmentation de la consommation mondiale d’énergie atteint 60% d’ici à 2030… mais l’avenir est de moins en moins prévisible). La leçon à tirer est donc une extrême prudence, parce que si les énergies renouvelables cumulées ont un potentiel théorique de production très élevé, ces gisements sont souvent extrêmement difficiles à exploiter massivement et de façon durable. D’autant que de nombreux obstacles se dressent déjà ou se laissent entrevoir (puissance des lobbies du pétrole et du nucléaire, coût souvent élevé des investissements, lourdeur des démarches administratives…).

Mais la réalité, c’est aussi les réalisations sur le terrain. Un peu partout sur la planète, d’immenses centrales photovoltaïques ou thermiques colonisent l’espace sur des surfaces considérables, expropriant de nombreuses populations. En France, la filière solaire est désormais toute entière aux mains des deux piliers de la politique énergétique, EDF et le CEA. Ce shéma vaut aussi pour l’éolien avec la création de « parcs » ou « fermes » de grande dimension. Idem pour les grands barrages hydroélectriques, dont les projets se multiplient (actuellement, 35 barrages de plus de 150m de haut sont en construction). Avec les « dommages collatéraux » que l’on connaît : des espaces naturels dévastés, des populations rurales dépossédées de leur lieu de vie, déportées et concentrées en milieu urbain pour y être prolétarisées.

Mais est-il si surprenant que l’énergie renouvelable se retrouve sous la coupe des grands trusts ? L’histoire de l’énergie est aussi celle de la concentration du pouvoir. Reconnaître le lien entre la domination de l’humanité sur la nature et l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est prendre conscience que la technologie, dans la maîtrise des forces naturelles, a servi à offrir aux tyrans des instruments de plus en plus sophistiqués et redoutables. La gestion de l’énergie – entre autres – est entre les mains d’une caste de scientifiques, hauts fonctionnaires, militaires et hommes d’affaires (voire des mafias, ce qui n’est d’ailleurs pas très différent) dont le fonctionnement court-circuite toute décision politique face aux impératifs techniques.

Les énergies renouvelables ne peuvent en aucun cas constituer un support technique à un changement social radical sans une transformation préalable des structures politiques, des processus de décision. Les systèmes énergétiques conventionnels sont constitués de chaînes longues et complexes (extraction, production, transport, stockage, consommation). Tant que ces chaînes demeureront, même les énergies renouvelables offriront aux gouvernements la possibilité d’un contrôle politique sur les populations à travers leur dépendance énergétique, et aux multinationales l’opportunité de réaliser des profits par l’entretien de besoins artificiels. Evacuer la dimension sociale et les relations de pouvoir revient à réduire le traitement de la question énergétique à une simple « ingénierie de l’environnement », favorable aux carrières des politiciens, mais peu propice au bien-être des peuples.

Le risque d’effondrement

En passant par les étapes cruciales comme l’apparition de l’agriculture au Néolithique ou la révolution industrielle au 18e siècle, l’humanité adopte de façon continue des niveaux toujours plus élevés de complexité, de spécialisation, utilisant chaque fois plus d’énergie, d’information, de ressources, d’installations, de réseaux sans cesse plus vastes. De manière générale, plus un système croît, plus il exige de moyens pour son propre fonctionnement, sa propre survie. D’où les investissements considérables de l’alliance étatico-capitaliste dans la bureaucratie, la propagande électorale, la défense… Or à partir d’un certain seuil, ces investissements supplémentaires ne peuvent engendrer des résultats proportionnels, d’où l’entrée dans une spirale des rendements décroissants, c’est-à-dire un déclin inéluctable.

On sait désormais que différentes civilisations se sont éteintes. Chaque fois, plusieurs causes étaient en jeu : dysfonctionnements institutionnels, aveuglement idéologique, niveau d’inégalités élevé, perte du sens de la mesure… Mais parmi les causes principales figuraient toujours les conditions écologiques. Or aujourd’hui les menaces sont multiples : changement climatique, déclin de la biodiversité, surconsommation d’eau douce, accumulation des déchets, pollution atmosphérique, épuisement des ressources fossiles, dégradation des terres agricoles… Au risque d’une capacité de charge globale de la Terre aujourd’hui dépassée s’ajoute la fragilité du système financier mondial. La vulnérabilité des sociétés modernes est proportionnelle à leur puissance : points de basculement climatiques, écologiques et biogéophysiques ; pic des ressources ; effets imprévisibles de seuils ou en cascade ; impossibilité de maîtriser totalement ces super-systèmes, cette « méga-machine ». E le temps qui passe réduit considérablement notre marge de manœuvre. Paradoxalement, ce sont peut-être les partisans de la croissance économique effrénée qui vont nous faire revenir à l’âge de pierre !

Une société à reconstruire

Au-delà d’ajustements techniques stériles, une transformation culturelle et politique profonde est nécessaire pour envisager une société nouvelle. Entreprendre une « décolonisation de son imaginaire » pour percevoir que le dogme de la croissance économique illimitée est devenu la religion de la société moderne ; que le gaspillage énergétique est une condition fondamentale du maintien du système «économique mondial, c’est-à-dire que celui-ci ne peut se développer qu’en sapant ses propres fondements ; que la foi aveugle dans les bienfaits de la technologie conduit à une impasse ; que l’abondance des biens et services ne sera jamais un préalable à l’émancipation ; que le problème des limites et de la finitude des ressources naturelles ne sera pas résolu par une fuite en avant suicidaire, mais par une analyse lucide de la condition humaine.

Il est temps de dissiper l’illusion qu’un haut degré de culture implique nécessairement un niveau de consommation d’énergie aussi élevé que possible. De détruire le mythe technoscientifique et les fantasmes d’une société hyper-développée qui s’alimentent réciproquement. Il ne s’agit pas seulement d’éviter un emballement du climat, mais bien de reconstruire une société dans sa globalité. Or un changement social radical ne fera pas, comme son nom l’indique, l’économie d’une révolution sociale s’attaquant à la « racine » des phénomènes. Ce n’est qu’en créant des groupes égalitaires et autonomes, fédérés entre eux, des structures sur la base d’unités à petite échelle, que les populations pourront se réapproprier leur avenir. L’objectif d’émancipation, l’aspiration des individus à travailler moins doivent conduire à définir librement les besoins individuels et collectifs, la finalité de la production.

L’occasion est trop exaltante de profiter de la crise énergétique pour renverser le modèle capitaliste, la course à l’artificialisation des conditions de vie, la civilisation « hors-sol ». Combattre l’hypermobilité qui a consacré le règne du tout-automobile pour laquelle la ville a été conçue, symbole du gaspillage et de l’aliénation. Abandonner une agriculture dont la productivité réelle a diminué à mesure que les exploitations dépendaient de plus en plus des combustibles, des fertilisants et du machinisme, au profit d’une agroécologie qui reconstruit les sols et les écosystèmes en restructurant les communautés paysannes. L’avenir postpétrole et postcroissance sera inévitablement plus sobre.