samedi 14 mars 2015

Le discours de l'extrême droite

Le discours de L’ extrême droite Malgré ce qu'elle essais de nous faire croire,  n’a rien de novateur. L'extrême droite emploie depuis toujours les mêmes ficelles.

-La peur de l’étranger
-La connivence E-D religion
-Le rejet de la différence
-Le sexisme
-Le social et «l’anticapitalisme»
-La sécurité intérieur et extérieur
-La prise en main de l'éducation
-La répression de la presse
-l'attaque contre la culture et les intellectuel-le-s
-Et bien sûr le nationalisme et le patriotisme exacerbés,Culte du chef: Homme/Femme providentiel-le-s

 .L’étranger à toujours été le bouc émissaire de l’extrême droite. Il est responsable du chômage, du trou de la sécu, de la dette, de l’insécurité. Dans la situation actuelle ce discours simple pour ne pas dire simpliste passe d’autant plus facilement. Quand je dis que c’est un discours simple c’est qu’il fait appelle aux plus bas instincts de l’humain qui amène même des personnes d’origines étrangères à voter pour l’extrême droite contre les nouveaux arrivants ou d’une confession religieuse contre une autre. Utilisant les oripeaux de la laïcité pour faire passer son discours islamophobe ( comprendre anti-magrébins en majorité, anti-arabes). N'hésitant pas à faire des actions anti-allal, que ce soit quand Mac Do propose un menu Allal, ou dans les cantines scolaires. En s'insurgeant contre la construction d'une mosquée, en appelant à la vigilance face à «l'envahisseur musulman». Allant même jusqu'à parler de croisade. Ce discours antimusulmants n'a pas éliminer l’antisémitisme, il suffit d'écouter les Dieudonné, Soral et compagnie pour s'en rendre conte. Mais ce ne sont pas les seuls à activer la haine des fafs, car ils suffis de ne pas être blanc ou français ou catholique pour les exciter.

-Laïcité qui s’efface devant les catholiques. Car si on a souvent l’habitude de parler du sabre et du goupillon l'histoire nous montre une forte connivence entre un pouvoir autoritaire genre fasciste et la religion catholique. Il suffit de voir son comportement lors de la seconde guerre mondial, pendant la révolution espagnole, ou les différentes dictatures à travers le monde.

-Le rejet de la différence ne s’arrête pas à la nationalité , l’ethnie ou la religion. «La manif pour tous» nous en a donné un bon exemple. La haine de l’ homosexuel, des lesbiennes , des trans , des bi, de tout ce qui sort de la vision étriquée de la famille et de l'idée de société que ce fait l’extrême droite s’étalait au grand jour. Une haine allant jusqu’à leur refuser les mêmes droits que toutes les autres personnes: le mariage, (même si dans l’absolus le mariage...) le droit d’avoir des enfants, par pma. Des droits qui ne l’en enlèvent aucun à eux. Ce discours a mis en évidence, si ça n’était pas clair pour certains le sexisme. La volonté de renvoyer les femmes au foyer pour faire et s’occuper des enfants. Jusqu’à proposer un salaire aux femmes( française bien sûr) restant à la maison. c’est aux hommes de travailler à l’extérieur , chacun sa place. La femme doit rester une mère et une épouse. Ce discours d’une natalité à tout prix met à mal l’avortement et la contraception. L’interdiction pour l’un et le dé-remboursement pour l’autre.

- Le discours pseudo social a toujours existé dans l’extrême droite. Un social à minima et réservé au français-es. Le discours pseudo anticapitaliste fait partie de l’armada de l’extrême droite ou plutôt l’antimondialisation capitaliste car les patrons et capitalistes Français sont meilleurs que les patrons et capitalistes étrangers. Même si ces théories sont communes à toute l’extrême droite, pour le FN c’est Marine Le pen qui là amené à tenir ce discours, car celui de son père était plutôt économiquement libéral et s’appuyait presque exclusivement sur ses taises racistes. C’est pourquoi on peu dire que Marine Le pen est vraiment fasciste. Mais de tout temps les patrons , eux n’ont jamais été dupes. Car déjà après l’élection de Hitler les patrons européens disaient: « Plutôt Hitler que les rouges.» Ils savent qu’avec l’extrême droite au pouvoir ils ne risquent pas grands choses et que son social et anticapitalisme ne sont que de façade. Regardons le programme du FN : pèle-mêle on y trouve, la retraite par capitalisation, le salaire au mérite qui ne fait que diviser les travailleurs et les mettre en concurrence au sein même de la même entreprise, la fin du droit de grève, des syndicats à la botte du patronat et de l’état. Considérant que les syndicats actuels sont archaïques, sont des empêcheurs d’exploiter en rond , réfractaires à tout réforme. l’Extrême droite rejoint ainsi le discours des libéraux.

-La sécurité ou plutôt le sécuritaire intérieur et extérieur fait partis intégrante de son discours: renforcement de l'appareil répressif, police, gendarmerie. Augmentation du budget de l'armée au détriment du reste ( social, culture). Maintenir le peuple dans la peur pour justifier, les flics ou l'armée dans les rues par un sentiment d’insécurité.

-La main mise sur l'éducation pour mieux endoctriner la jeunesse par la présence de l'idéologie dans la vie de tous les jours et dans les programmes scolaires,faire croire à la disparition des classes sociales.

-Bâillonner la presse critique au profit d'une presse aux ordres qui n'ira pas fouiller pour dénoncer les privilèges qu'ils s’accorderont et la corruption qui ne fait qu'amplifier sous ce genre de régimes.

-S'en prendre à la culture , comme dans les bibliothèques ou disparaîtrons les ouvrages décidé dangereux par le pouvoir. S'en prendre aux intellectuel-le-s en les muselant, voir en les emprisonnant.

-Et tout cela bien sûr avec une bonne couche de nationalisme et de patriotisme puant. Prônent le replis sur soit, et la haine de l’autre. Tous unis derrière la bannière tricolore, patrons et travailleurs, emmener par un ou une chef (en ce qui concernent le FN) charismatique, car pour l'extrême droite l'homme ou la femme providentiel-le fait partis de sa doctrine. Tous ensemble donc pour gagner face aux étrangers sans remettre en cause le capitalisme. Car le fascisme et le capitalisme sont les deux faces d’une même médaille. c’est diviser les travailleurs pour gagner la guerre des classes.
Perspectives et alternative face au fascisme.

Développer les luttes sociales dans une perspective émancipatrice.

 Le fascisme se développe sur le terreau de la misère et des inégalités économiques et sociales. S'opposer à lui nécessite donc de lutter contre ces inégalités pour assécher son extension. Comme l'indique l'affiche de la campagne de la claf, la principale riposte au fascisme doit se dérouler sur le terrain social. Lors des vraies périodes de confrontation sociale (retraites 2010, décembre 1995 etc.) le discours fasciste s'étiole et n'est plus audible, la solidarité de classe prend tout son sens au détriment des discours nationalistes. Donc pour nous, faire de l' antifascisme passe d’abord par renforcer les luttes sociales actuelles, les soutenir, œuvrer à leurs constructions et leurs extensions. Mais nous intervenons dans les luttes dans une perspective anticapitaliste et anti-autoritaire afin de développer les capacités de gestion directe de la population dans tous les domaines. Alors que le fascisme fait le culte des masses qui suivent aveuglément le chef charismatique, nous intervenons dans les luttes pour développer la démocratie directe, les fonctionnements horizontaux : car les luttes pour être efficaces et gagnantes doivent être menées et décidées à la base, et parce que le basculement social vers une société libertaire ne se fera pas du jour au lendemain mais nécessite que l'on soit habitué à fonctionner de façon égalitaire et libertaire.

Lutter contre les idées et pratiques autoritaires, hiérarchiques, racistes, sexistes.

 Malheureusement ces idées ne sont pas réservées au FN et aux groupuscules d'E.D. Depuis quelques années, quasiment l'ensemble de l'échiquier politique reprend en partie ou complètement le discours du F.N. Exemple à développer des discours sur les étrangers ou sur le sécuritaire. Nous luttons donc contre l'ensemble de ces discours. La lutte contre le fascisme passe par la lutte contre le capitalisme, l'état comme le meilleur de ses gestionnaires, le racisme, le patriarcat et toute forme de domination et d'oppression.

Conséquences des axes selon nous à développer :

notre antifascisme n'est pas sur le terrain républicain et électoraliste. Au vu de notre analyse du fascisme, nous savons que face aux problèmes sociaux et politiques les élections n'offrent que de illusions de solution et de choix. Ce n'est pas dans les urnes que se résoudront la crise économique, les inégalités ou le développement du fascisme qui en est issu. La réponse se trouve bel et bien dans des confrontations sociales dans les quartiers et les entreprises avec l'objectif de parvenir à la grève générale et au blocage de l'économie. Pire, les élections favorisent mécaniquement le fascisme : si on est persuadé de changer les choses par elles, on essaie à droite, à gauche, à droite, à gauche et comme ça ne marche pas le fascisme peut paraître un recours ; l'histoire et l'actualité en sont de tristes démonstrations … Nous devons donc aussi informer sur la véritable nature du fascisme en dénonçant son discours faussement social et ses vrais pratiques racistes, sexistes et dictatoriales. Donc notre antifascisme refuse les instrumentalisations électoralistes pour favoriser la confrontation sociale avec les pouvoirs. Autre conséquence pratique, face à la résurgence de la violence fasciste, il est pour nous important de développer l'autodéfense antifasciste populaire, collective et organisée sans s'en remettre à l'état ; car celui-ci fait mécaniquement le jeu du fascisme en bon gestionnaire des inégalités et car il fait preuve d'une complaisance de fait envers les groupes fascistes quelles que soient les proclamations d'intention faites.

Propositions du projet libertaire.

 Le fascisme se développe sur la régression sociale et l'absence de luttes sociales le favorise. Pour lutter il faut avoir un projet de société et c'est certainement ce qu'il manque au mouvement social actuellement. C'est pour cela qu'il nous paraît nécessaire d'avoir une affirmation d'un projet libertaire en rupture avec le capitalisme, afin de populariser des valeurs à l'opposé du fascisme (inégalités, nationalisme, culte du chef, sexisme, racisme) et de donner des perspectives pour donner du sens aux luttes.

Projet en construction.

 Il n'y a pas de projet clé en main, mais des axes forts et des postulats permettant la construction d'une autre société à associer avec les expérimentations.

 Émancipation collective et individuelle La liberté n'est pas à opposée entre les individus, mais est c'est la défense des libertés des autres qui est le garant de sa propre liberté.

Moyens économiques : socialisme

 Moyens politiques : fédéralisme, autogestion et démocratie directe (différences avec la démocratie participative, représentative et le centralisme démocratique)

 Moyens matériels (Rationalisme et matérialisme (égalité concrète en opposition à la seule égalité de droit par exemple)): Mise à disposition pour tous pour les besoins premiers : logement, nourriture,... Mise à disposition pour tous de moyens concrets, communication, transports, énergie,...

jeudi 7 mars 2013

Invitation au débat: Crise et autogestion - Quelle économie libertaire?



La FÉDÉRATION ANARCHISTE vous invite :

Le 15 mars 2013 au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René à Montpellier, à partir de 19h30 (repas tiré du sac), 20h30 soirée débat: « Crise et Autogestion : Quelle Economie Libertaire ?».

La tournée de la Fédération Anarchiste: « Crise et Autogestion » est reçu par le C.A.D- Centre Ascaso Durruti- et le Groupe F.A. Montpellier34.

Introduction: 

 On est en droit de s'interroger sur l'attitude des anarchistes vis-à-vis de ce qui a prisavec la crise financièreune importance démesurée, le problème lancinant de l'économie.

 Si, cette donnée pris une telle prépondérance, elle en demeure hélas, décontextualisée de tout objectif concret de gestion,qui puisse réponde aux justes besoins de la diversité humaine, selon ses ressources naturelles.

 Dans cette optique, il s'avère utile de proposer d'autres types d'approches économiques que les soi-disant «solutions»de l'ultra-libéralisme ou de l'État providence sous ses aspects aussi bien sociaux-démocrates quenéo-keynésiens.

 Pour cette raison, la question de principe que nous devons d'abord nous poser est la nécessité de réfléchir et de présenter, d'une façon pragmatique,une théorie générale sur l'organisation économique des formes de sociétés à venir.

 Dans ce cadre, les militants de la Fédération Anarchiste vous proposent de répondre sur ce qu'ils entendent par Autogestion et Économie Libertaire.

Sur la tournée F.A.

 La Fédération Anarchiste organise début mars une tournée sur la diversité des réponses autogestionnaires à la crise. Dans le prolongement de la mobilisation pour l'autogestion en mai 2011, et de la Foire à l'Autogestion de juin 2012, nous souhaitons apporter notre contribution à la popularisation des idées et pratiques auto- gestionnaires. Cette semaine autogestionnaire s'ouvrira par une projection-débat le lundi 11 mars au Chiendent à Orléans autour du thème « L'autogestion, une idée qui a fait le tour du monde ». On débattra autour du thème "L'autogestion, une réponse à la crise ? " le mercredi 13 mars au Biblio-café à Poitiers, puis le jeudi 14 mars à la  pizzeria Belfort à Toulouse. Le Centre Ascaso-Durruti à Montpellier nous accueillera le vendredi 15 mars pour un repas convivial suivi d'un débat autour du thème « Quelle économie libertaire? ». Le samedi donnera lieu à deux projections-débats à Lyon et à Laon. La semaine se conclura par un après-midi de débat ouvert à Merlieux le dimanche 17 mars autour de la diversité des pratiques autogestionnaires actuelles.


 FACE A LA CRISE, NI AUSTERITE NI AUTORITE : AUTOGESTION !

 La crise, c'est quoi ?

   La crise actuelle trouve son origine dans un mécanisme de spéculations en chaîne, les subprimes.Il est néanmoins important de comprendre que cette crise n'est pas conjoncturelle mais structurelle : c'est le système lui-même qui déraille.Le capitalisme est un système instable, traversé par des contradictions engendrant des crises. C'est ainsi lui qui a créé la dette, car il est basé de manière structurelle sur la  spéculation. Le capitalisme entre en crise quand il atteint un nouveau stade de développement, et précisément depuis plusieurs décennies, une financiarisation accrue. C'est-à-dire encore plus de place pour la finance, et encore moins pour la production réelle (faute de rentabilité suffisante dans la sphère productive depuis les années 1970). En ce sens, le capitalisme c'est la crise.

 La crise, c'est seulement économique ?

   La crise n'est pas seulement économique, elle est aussi politique. Elle démontre chaque jour un peu plus l'incapacité des Etats à apporter des réponses. Les Etats sont dépendants du capital qui leur fournit des moyens d'entretenir leur force, leurs polices, leurs armées : les Etats eux-mêmes sont endettés. En retour, le capitalisme a besoin de la protection de l'Etat, qui lui fournit des infrastructures (c'est ainsi que nous avons vus les Etats venir au service des banques ou imposer de grands travaux)mais aussi les forces de répression, l'appareil judiciaire et les politiques monétaires ad hoc. Etat et capitalisme sont les deux faces d'une même pièce. Le système se mord la queue. La crise est aussi une crise des Etats. Ou pour le dire autrement: le capitalisme est une politique.

Quelles réponses face à la crise 

   Dans la mesure où la crise est structurelle, ce n'est pas un phénomène éphémère. La crise va s'approfondir. Etats et capitalistes veulent nous faire payer leur crise. Ils cherchent à imposer l'austérité aux populations. Cette logique est suicidaire et antisociale : elle ne résout pas le problème et en fait porter la charge sur les plus pauvres. D'autres arrivent avec des réponses toutes faites : face à la crise, il faut un Etat Fort. Ces solutions-là (protectionnisme, nationalisation) se battent pour revenir au capitalisme à la papa, au patron bon père de famille, à la réindustrialisation. Mais elles ne proposent aucune perspective face aux tendances actuelles, elles se bornent à vouloir revenir en arrière.

Face à la crise, ni austérité, ni autorité : autogestion!

   Comme la crise est à la fois économique et politique, nous devons construire des réponses qui prennent en compte ce double aspect. Au plan économique, nous pouvons préparer et proposer des réponses sur le mode de l'auto-organisation : n'attendons pas que les réponses tombent d'en haut !

   Au plan politique, ces réseaux de solidarité concrète nous donneront la légitimité pour critiquer les réponses étatiques, mais aussi dénoncer l'usage de la crise comme figure idéologique et levier pour faire passer des politiques d'austérité.

L'autogestion, c'est quoi?

   Cela signifie « gérer soi-même ». Autogérer, cela veut donc dire s'organiser pour que ce ne soit pas unchef qui décide pour les autres.

   Cela veut donc dire décider ensemble, entre individus égaux. Mais décider de quoi ? Et bien décider de ce que l'on fabrique, par exemple, de comment on va lefabriquer, le diffuser, dans quel but, de quelles façons, etc.

   Le principe est que puisque c'est nous qui consommons, puisque c'est nous qui produisons, alors c'est à nous de décider ! Au-delà, cette reprise en main implique une remise en question radicale de la production et de la consommation. Le projet anarchiste s'appuie sur ce principe, mais n'est pasun programme politique « clé en main » : il faut s'en saisir, le faire évoluer, l'adapter, le perfectionner.

 Dès maintenant, on fait quoi ?

 On peut faire plein de choses ! Tout d'abord, ne plus accepter de subir le pouvoir, quel qu'il soit. Refuser de l'exercer pour commencer.

   L'autogestion, ça s'apprend : onnous a toujours appris à subir les décisions des chefs, de dirigeant-e-s, il faut changer nos habitudes ! On peut aussi soutenir les projets autogérés qui existent déjà : certaines entreprises fonctionnent déjà de cette manière. Mais c'est aussi le cas d'associations, de collectifs, de groupements plus ou moins formels (certaines AMAP ou coopératives ouvrières de production). Pour faire face à la crise, on peut déjà tisser des réseaux de solidarité concrète : des bouffes collectives, des mutuelles de fraudeurs-ses, des collectifs de mal-logé-e-s... On peut utiliser l'autogestion comme moyen de lutte face à une boîte qui licencie ou un service public qu'on supprime. On peut aussi impulser nous-mêmes de nouveaux projets,de nouvelles réalisations qui appliquent l'autogestion dans tous les domaines : clubs de sport, habitat, transports, éducation, etc.

Mais après, quelle perspective ?

   Le système actuel n'est pas à sauver : il nous faut construire une réelle alternative. Ici et maintenant, en nous basant sur la solidarité, l'entraide. Ici et maintenant ne signifie pas que nous abandonnons la perspective révolutionnaire, à la manière de ceux qui ont récupéré le terme « autogestion » pour pousser les travailleurs-ses à participer à leur propre exploitation. Au contraire, les anarchistes portent la perspective d'un changement radical de société : l'autogestion généralisée pourrait permettre à la fois la réappropriation des moyens de production et la participation directe aux décisions concernant ce que nous produisons, et plus largement notre manière de vivre. Ici et maintenant signifie donc simplement qu'il est possible de commencer à avancer dans ce sens sans attendre, en diffusant les idées et les pratiques autogestionnaires, en construisant nos projets, nos organisations et nos luttes de manière égalitaire et libertaire.

Faisons leur payer leur crise!

Chavez, Venezuela : Ni deuil, ni célébration! (par El Libertario)


 Nous reproduisons ici la traduction d'un article du journal anarchiste vénézuélien El Libertario (Le Libertaire)......pour faire un pas de côté (à gauche) vis-à-vis des mélenchonades et de la "pensée Monde Diplo'" sur le Venzuela :

   El Libertario ante la muerte de Hugo Chávez*
   ¡Ni en duelo, ni en celebración!:*
   ¡Llegó la hora de la autonomía de las luchas sociales!*
   Colectivo Editor de El Libertario*
   /Martes, 5 de Marzo de 2013/
   http://periodicoellibertario.blogspot.fr/2013/03/el-libertario-ante-la-muerte-de-hugo.html

 Ni deuil, ni célébration!

 L'heure de l'autonomie des luttes sociales est arrivée!

   Quand s'additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés à des décisions politiques et un malade halluciné de pouvoir, on ne pouvait qu'attendre ce dénouement: le caudillo est mort et un changement important sur la scène politique vénézuélienne est en marche.

   En un instant, ce qui était la plus grande force du régime est devenu sa plus grande faiblesse : Chávez était tout et, en disparaissant, il ne reste qu'a conjurer la fidélité absolue à son souvenir par l'obéissance à ses dispositions pour sa succession. Ce qui met en évidence la fragilité d'un gouvernement qui voulut renfoncer son supposé caractère "socialiste et populaire" avec la pratique d'un culte grotesque de la personnalité, maintenant réduit à une ridicule invocation des âmes. Le disparu a été lui-même l'auteur principal de cette fin. Le "secretisme" qui entoura sa maladie était motivé par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir. Ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses successeurs s'affronter entre eux pour l'héritage du commandement, avec un claire avantage pour les hauts bureaucrates et la caste militaire, en pleines manoeuvres de négociation pour assurer l'impunité de leurs corruptions.

   En ce qui concerne les oppositions de droite et sociale-démocrate, la nouvelle situation intervient avant qu'elles n'aient surmonté leurs déroutes aux présidentielles du 7-O et aux régionales du 16-D. Élections où elles s'étaient laissées aller à des illusions exagérées comme à l'offre d'un "populisme de riches", promettant aux électeurs de maintenir le recours aux instruments du clientélisme qui ont tant servi à Chávez. Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu'une fortuite métastase a enfin mis à sa portée l'accès à ce pouvoir politique duquel des ambitions, des erreurs, une paresse et une incompétence l'ont éloignée pendant de longues années. Un pouvoir qu'elle exercerait avec une sottise et une ardeur prédatrice similaires à ceux pratiqués par la « bolibourgeoisie » chaviste.

   Ces calculs mesquins et opportunistes, qui égalent le "Grand Pôle Patriotique" et "l'opposition de la Table d'Unité Démocratique", nous laissent face à la grave situation dans laquelle se trouve ce pays: inflation galopante, chômage grandissant et précarité dans le travail, dévaluation monétaire, effrayante insécurité personnelle, crise dans les services d'eau et électricité, éducation et santé, manque de logement, travaux publics obsolètes ou mal exécutés, attention uniquement démagogique face aux besoins extrêmes des plus nécessiteux, et un et cetera qui même lointain n'en est pas moins néfaste.

   Mais ces problèmes ne sont pas la principale préoccupation des deux bandes en lutte pour la "Silla de Miraflores" (le fauteuil présidentiel) et le butin pétrolier. C'est pourquoi notre réponse collective doit mépriser leur chantage permanent à notre appui électoral en échange de solutions qui n'arrivent jamais ou sont ridiculement incomplètes. C'est le moment de déborder ces oligarchies politiques pourries et de construire, à partir du bas, une vraie démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Il faut accroître l'indignation généralisée devant la situation dont nous pâtissons et la convertir en luttes sociales autonomes, larges et autogestionnaires, et dire aux politiciens du pouvoir que nous n'avons pas besoin d'eux comme intermédiaires ou comme gracieux donateurs de ce que, d'en bas et unis, nous pouvons obtenir, sans recours aux "mains blanches" ou aux "bérets rouges".

 *Collectif éditeur du Libertaire (El Libertario)*

 http://www.nodo50.org/ellibertario/

 Caracas, mardi 5 mars 2013

jeudi 6 décembre 2012

QUELLE ECONOMIE ANARCHISTE ? [Annonce d'une série de débats]


   Notre groupe publie ici son texte d'appel à un débat sur l'économie anarchiste. Pour cela, nous prévoyons une tournée dans plusieurs villes. Nous serons d'abord les invités du CIRA (Centre International de Recherches sur l'Anarchisme) le Samedi 12 janvier 2013 à partir de 17h, au 50, rue Consolat à Marseille.





Introduction  à:
« Quelle Économie  Anarcho-libertaire* ? »


Groupe Montpellier34


On est en droit de s’interroger sur l’attitude des anarchistes au sujet de ce qui a pris de nos jours une importance démesurée, le problème lancinant de l’économie.

Si, dans la culture dominante, l’économie a pris une telle prépondérance, elle en demeure hélas, décontextualisée de tout objectif concret de gestion qui  puisse répondre aux justes besoins de la diversité  humaine selon ses ressources naturelles. Il convient donc,  à l’humanité, de repenser son économie de façon  locale et fédéraliste. Dans cette optique, il s’avère stratégique de proposer d’autres types d’approches économiques que les soi-disant « solutions » autoritaires  proposées  par l’ultra-libérale et son Économie de Marché Internationalisée actuelle ou par un retour improbable à l’État providence sous ses aspects aussi bien sociaux-démocrates que  néo-keynésiens.

Il faut dire que dans son histoire et, dès le XIXème Siècle, l’anarchisme pour tenter de résoudre les querelles entre d’une part, les anarchistes communistes et collectivistes (théorie de Bakounine) en Espagne, puis entre anarchistes  individualistes et communistes au États-Unis, va parvenir à l’acceptation du  concept d’ « anarchisme sans adjectif ». Cette position, dont l'expression fut créée par Fernando Tarrida del Marmol, était une tentative de montrer une plus grande tolérance entre les tendances libertaires et de rendre clair que les anarchistes ne devraient pas imposer de plan économique préconçu à quoi que ce soit, même dans la théorie. L’adoption de ce concept par des propagateurs comme Voltarine de Cleyre,  Ericco Malatesta, Max Nettlau et Élisée Reclus a porté la majorité de la mouvance anarchiste à rejeter tous modèles économiques comme faux. Cependant, de façon à  ce que soit préservée la diversité idéelle en recherchant sa justesse et son équilibre ; elle prendra parfois une position pluraliste puisant des éléments de chacun des modèles proposés par les théories, collectivisme, communisme, individualisme (mutualisme ou associationnisme), dans les substances de leurs fondements  même.

Malgré les années et sa remise en cause par les anarcho-communistes puis les anarcho-syndicalistes, cette position est devenue une « tradition » chez de nombreux anarcho-libertaires pour qui  elle a évolué comme une évidence. Pour ses compagnons, les tendances économiques sont pensées comme d'un " intérêt  accessoire " par rapport à l'abolition de l'autorité sous les formes de l'Étatisme et/ou du capitalisme(1) – pourtant des concepts éminemment économiques –.

Ils sont  de façon pragmatique  pour la liberté d'expérimentation comme règle première de la société libre. C’est ce que Bakounine qualifiait dans ces derniers écrits de « propagande par le fait ». Celle-ci n’ayant rien à voir avec la triste interprétation faite postérieurement par certains exaltés  et leur mystique de la bombe. Cependant, de ces expérimentations, ne sont que rarement explicitées des propositions pour l’"ici  & maintenant"  nécessaires même au sein d’une « idéofortie(2) »  forcément pluraliste  et en mouvement perpétuel.

Combien de fois, lorsque certains d’entre nous veulent avancer des propositions réactualisées  ou effectuer des projections économiques, nous sommes arrêtés par  des compagnons qui nous disent: « ce n’est pas à nous de décider des formes  que prendra la gestion économique, mais au peuple ou à la société ».

Parmi les promoteurs anarchistes, il n’y a guère que Proudhon, Kropotkine, Cornelissen, Besnard pour s’être intéressés de près à l’économie dans son cadre général. Pierre-Joseph Proudhon va tenter une analyse critique des facteurs de l’économie, dans le but de constituer une science sociale jugée par lui encore inexistante. En effet, il voyait venir une société – qu’il appelait de ses vœux – dans laquelle le politique se trouve intégré dans l’économique. Pierre Kropotkine, quant à lui, bien qu’il fût un authentique homme de science (mathématicien, géographe, cartographe), s’est borné, en moraliste plus qu’en scientifique,  à esquisser les grandes lignes d’une économie idéale dans une société anarchiste. Christian Cornelissen, en tant que syndicaliste révolutionnaire et anarcho-communiste, pragmatique et réaliste, insiste dans  « El comunismo libertario y el régimen de transición » sur ‘la période de transition’ entre économie capitaliste et économie anarcho-communiste. Dans son ouvrage « Théorie de la valeur» publié dès 1903, il réfute « la théorie de valeur-travail », que les économistes classiques (capitalistes) autant que Karl Marx ont défendue. Ces recherches furent poursuivies  dans  son « Traité général de science économique » dont la publication  s’étalera jusqu’en 1944. Il y avance ‘une théorie inductive(3) du salaire’ qui lui valut une renommée internationale. En 1934, Pierre Besnard dans son ouvrage "Le Monde Nouveau, son plan, sa constitution et son fonctionnement", aborde l’organisation économique et politique au niveau de la production industrielle, agricole,  syndicale, politique ou administrative, sociale et conclut par une organisation générale du monde nouveau. Son approche est faite selon des conceptions calquées sur l’organisation syndicale.

Bien sûr, de nombreux militants ont par la suite traité de l’Économie mais dans des cadres particuliers, comme celui d’un pays et surtout de l’Espagne et de  sa révolution ; c’est le cas, en particulier, de Isaac Puente, Digo Abad de Santillan, Joan Pau Llauro Fàbregas,  Pierre Pillier (Gaston Leval), Augustin Souchy, etc…. Malheureusement, il nous faut souligner que les développements des organisations anarchistes d’après-guerre ont souvent pâti de leur dépendance parfois excessive au modèle théorique de la Révolution  Espagnole de 1936-1939.

Notre réflexion puisera aussi, mais avec circonspection et sans omettre certaines critiques sur des propositions contemporaines emblématiques d’économies dite « libertaires » comme :
  • L’Économie autogestionnaire de Abraham Guillén Sanz  ("Las bases del desarrollo económico de la sociedad libertaria", Abraham Guillén, Ediciones Madre Tierra, Madrid 1990), reprise actuellement par la CNT/E &  El Instituto de Ciencias Económicas y de la Autogestión (ICEA) et, présenté par Daniel du groupe Gard-Vaucluse de la FA dans le Monde Libertaire n°1447  de septembre 2006 ;
  • L’Économie participaliste ou participative (participatory economics, en abrégé ParEcon ou Ecopart) de Michael Albert et Robin Hahnel,  ("Looking Forward: Participatory Economics for the Twenty First Century", Albert and Hahnel, South End Press, 1991 & "The Political Economy of Participatory Economics", Albert and Hahnel, Princeton University Press, 1991). Cette proposition “libertaire” est surtout connue en Français  par entre autre la présentation et le résumé de Normand Baillargeon ("Une proposition libertaire : l’économie participative"  par Normand Baillargeon, 1999) ;
  • La Démocratie inclusive ou générale de Takis Fotopoulos ("Inclusive Democracy", ed. Kastaniotis,  Athens, 1999, Takis Fotopoulos (2003), "Inclusive Democracy and Participatory Economics", Democracy & Nature, Volume 9, 2003, pages 401 - 425 - & "Vers une démocratie générale, une démocratie directe, économique, écologique et sociale", ed. Seuil, 2002),  présenté par Jean-Claude Richard du groupe Henry-Poulaille de Saint-Denis, Le monde Libertaire, 13 mars 2003 ;
  • L’Économie Politique Mutualiste de Kevin Amos Carson, ("Studies in Mutualist Political Economy", Kevin A. Carson, ed. BookSurge Publishing, 2007 & "Organization Theory: A Libertarian Perspective" ed. BookSurge Publishing, 2008), dont notre camarade Gaël du groupe la Rue Râle, FA, nous a proposé l’approche particulière effectuée par l’Anarchist Federation (UK), grâce à sa traduction dans « Le Lien » BI FA n° 498 de Juillet 2012.

Ces manières de voir traduisent l’opposition, qu’il existe à l’intérieur du mouvement anarcho-libertaire, entre ceux qui croient à la nécessité d’une méthode scientifique pour mener à bien une Révolution évolutionniste, gradualiste et rationnelle de la société, au romantisme de ces inconditionnels de la Révolution insurrectionnelle décidés à réaliser coûte que coûte un modèle social idéal.
Face à ce constat, nos contradicteurs soulèvent un problème  important, c’est qu’en général, les théories anarchistes  restent floues et  disent peu de chose sur le passage de la société étatique et capitaliste actuelle vers la société proposée par les anarcho-libertaire. En ce sens,  ils jugent nos idées comme utopiques et irréalisables.

On est alors en droit de s’interroger sur l’attitude des anarchistes qui, généralement, nient que le sujet de l’économie ait un intérêt et une portée si essentiels qu’ils devraient redevenir l’une des principales bases de leur fondement.

Pour cette raison, la question de principe que  nous devons d’abord  nous poser reste  la nécessité de réfléchir et de proposer, d’une façon pragmatique et donc pratique, l’organisation économico-politico-sociale des formes de sociétés à venir.

En tenant  nécessairement  compte de la diversité des cultures et des spiritualités. Les anarchistes doivent intégrer à leurs réflexions la complexité du monde au risque de bâtir sur du sable.

Nous nous devons de trouver une passerelle entre l’Action/Théorie(4) et la Théorie en action(5).

Nos propositions ne sont que des exemples pratiques ou théoriques examinés dans une période (un espace-temps) historique donnée. Elles resteront donc évolutives et seront même probablement remises en cause dans l’avenir ; car en effet, il n’y a pas de modèle économico-politico-social indépassable.

Cette préoccupation reste le principal sujet  des anarcho-libertaires pour proposer un autre futur crédible.

En réalité, il n’y a de meilleur réalisme que celui des « révolutionnaires » qui, en critiquant la société actuelle, avancent une idée précise de celle qui doit la remplacer.



1ère question : Qu’appelle-t-on « ÉCONOMIE » ?

L’ÉCONOMIE vient du grec oikos, famille/maison dans un sens proche du foyer et nomos, loi. Pour comprendre l’économie, dont notre vision a été falsifiée par les  "sciences" économiques occidentales, il nous faut en revenir à sa définition aristotélicienne.

Aristote montre, dans "L’Éthique à Nicomaque",  "La Politique" et "Les Économiques",  la différence fondamentale entre l’économique et la chrématistique.

La chrématistique (de khréma, la richesse, la possession) est l’art de s’enrichir, d’acquérir des richesses, de faire du profit. Selon Aristote, elle est l’accumulation de la monnaie pour la monnaie et  à la suite  de Platon, il condamne ainsi le goût du profit et de l’accumulation de richesses. En effet, Il y a, ici, confusion entre le moyen et la fin, la monnaie est un moyen pour échanger des valeurs d'usage en vue de satisfaire la vie – au sens des besoins vitaux. La chrématistique ne consiste en revanche qu'à accumuler la richesse comme fin en soi, comme si celle-ci en elle-même pouvait épanouir l'être humain. Le système capitaliste et son évolution actuelle en  économie de marché internationalisée sous le prétexte  d’enrichir « les Nations »  fait sans conteste partie de ce concept.

De fait, dans le langage d'Aristote, l’économie signifie la science, ou l'art, de gérer et de pourvoir au bien-être de l’οἷκος, c’est à dire la famille/maison (le foyer), première association naturelle à laquelle l'homme est socialement disposé. Et donc, par expansion à l’ensemble des structures,  arrondissements,  communes ou cités (dèmes ou dèmos, δῆμος / dêmos, au double sens de "circonscription administrative de base/peuple "), régions, pays qui fondent  l’appartenance sociale et la Société. Pour lui, les Économies sont liées à des sujets comme, la règle ou gestion domestique (économie domestique), la Politique ou les politiques (économie-politique) et impliquent des règles d’éthiques (philosophie morale).  

Spontanément, le grand public et nos économistes professionnels se représentent la structure économique de toute société à l’image de ce qu’elle est dans la nôtre, un ensemble d’institutions distinctes des autres rapport sociaux, politiques, familiaux, culturels, religieux, etc… Ils sont assujettis et aliénés  à notre système de pensée occidentale ; ils font de l’occidentocentrisme.

Dans la culture occidentale, les sciences économiques ne sont en fait que l’étude de mathématiques probabilistes liées aux aspects financiers, productivistes, bancaires et boursiers de la structure politico-économique – chrématistique - du Capitalisme transformé en Économie de Marché.

Dans ce contexte, le Marché est liée à la tétrade, production (surproduction), consommation (consumérisme), échange (le Marché Internationalisé) et profit (enrichissement d’une oligarchie ploutocratique et à présent surenrichissement d’une élite transnationale).

Pourtant, la compréhension de l’Économie ne devrait pas être difficile. Après tout, la gestion politico-économique s’intéresse au pourquoi et au comment l’on doit effectuer une activité sociétale (ou «travail non salarial»), à ce qu’on produit, à la façon dont on en assure la distribution ou les services et, tout bien considéré, à l’usage qu’on en fait  afin de répondre aux besoins fondamentaux de nos sociétés tout en respectant notre environnent et la diversité de nos niches écologiques.  

Les  économies humaines ne peuvent être abordées que par ses aspects sociologiques, ethnologiques, écologiques, voire archéologiques, c’est à dire anthropologiques et environnementalistes. Ils présentent donc des aspects divers – dans l’espace géographique et le temps historique. Et même  si  notre chape médiatico-culturelle cherche à nous imposer une représentation faussée de notre monde - la Terre -  par des concepts globalistes occidentaux  de « Mondialisation », « Globalisation du marché» et même « Empire(6) », la composition humaine de notre planète, en rapport avec la diversité biologique qui l’entoure, reste multiple: une mosaïque culturelle, économico-politique et écologique. Cependant nous tenons à préciser, ici, l’évolution du capitalisme occidental vers une Économie de Marché Internationalisée dont la sphère économique est gérée par une élite transnationale. Une réflexion réaliste ne peut se faire que face à ce constat.



2ème question / Quelle Économie dans 
une société anarcho-Libertaire ?

Kropotkine écrivait dans " La science moderne et l’anarchie": « Aucune lutte ne peut avoir de succès, si elle reste inconsciente, si elle ne se rend pas un compte concret, réel, de son but. Aucune destruction de ce qui existe n’est possible, sans que, déjà pendant la période de destruction et des luttes menant à la destruction, on ne se représente mentalement ce qui va prendre la place de ce qu’on veut détruire. On ne peut pas faire une critique théorique de ce qui existe, sans se dessiner déjà dans l’esprit une image plus ou moins nette de ce que l’on voulait voir en lieu et place de ce qui existe.»

Cependant, Il n’est pas question ici, de répondre en proposant  une sorte de pensum qui ne ferait que la somme de nos propres et uniques propositions.

Pour cela, nous vous  offrons de bâtir cette réponse au cours d’échanges et de débats publics, que nous piloterons à partir d’idées-forces de l’Économie dans son sens le plus large.

Á la suite des prises de notes qui seront réalisées lors de ces confrontations avec le public, nous souhaitons élaborer une brochure qui présenterait  « des propositions pour une Économie anarcho-Libertaire ».

De fait, cette Introduction doit être lue comme, pour reprendre une expression anglo-saxonne, un « work in progress », c’est-à-dire un travail en cours, une réflexion non finalisée.

Notes:

1) Jacques Ellul fait remarquer dans  " De la révolution aux révoltes" que, depuis leurs origines, les acteurs révolutionnaires n'ont cessé de se focaliser sur la question de l'amélioration des institutions, ce qui n'a fait que renforcer l'appareil d'État et ce qui aboutit, selon lui, à un résultat totalement inverse à celui recherché : les individus cessent d'être révolutionnaires car ils délèguent aux appareils étatiques le soin d'opérer les changements de société (le réformisme est la confiscation par l'État de l'élan révolutionnaire). Dès lors, la révolution est à la fois (et paradoxalement) impossible - du fait que l'État bourgeois a "récupéré" à son profit tout le potentiel révolutionnaire et que la majorité des individus s'y conforment - et "nécessaire" - dans la mesure où le totalitarisme étatique va croissant [a]. "Croire que l'on modifiera quoi que ce soit par la voie institutionnelle est illusoire" conclue-t-il. 

[a] Contrairement au ultra-libéraux et aux libertariens, nous pensons que  croire que les États perdent de leur autorité devant le Marché est une erreur dans la mesure où celui-ci ne peut prospérer qu’avec l’aide de la force de coercition des autorités étatiques soumise à  son économie transnationale. En effet, les États-nations existent encore et partagent leur pouvoir avec les entreprises transnationales, dans le cadre d’un système où l’État a comme rôle réduit  d’assurer un cadre stable au fonctionnement économiques mis en place par  l’élite du Marché internationalisé (voir Takis Fotopoulos).

2)  Au sens de Proudhon, l’Anarchisme est une théorie adéquate à l’action, c'est-à-dire ni une idéologie, ni un dogme, ni un modèle, ni une abstraction, ni un précepte, mais une force mobilisatrice et créative nécessairement adaptative et évolutive.

3)  La théorie inductive est  définie comme l’opération par laquelle l’esprit part des faits particuliers pour s’élever à une loi générale.
Son principe est représenté de la manière suivante : Observation puis Constat puis Principe énoncé.
Elle doit respecter les trois phases de base :

a) la phase de contextualisation, c’est à dire que l’observateur part d’une situation concrète pour amener le thème étudié qui devra être trouvé par la projection textuelle de l'univers interprétatif de l’observateur.

b) la phase de conceptualisation qui a pour objectif de permettre à l’observateur de déduire à partir des situations des généralités.

c) la phase de recontextualisation durant laquelle l’observateur doit transformer les concepts trouvés et définis sur une autre situation.

Durant ces trois phases, l’observateur est acteur. On peut donc dire que la méthode inductive est une méthode active grâce à laquelle l’observateur participe pleinement au processus aboutissant à la formulation de Principes interprétant l’observation.

Les sciences économiques et sociales suivaient, à l’origine, une méthode inductive. Celle-ci  ne doit pas être confondue avec les "fausses méthodes inductives" qui conduisent à des démarches inorganisées, à des discussions de « café du commerce » ou à des formules « pseudo-inductive ».

4) L’action/théorie, c’est la pratique qui devient une méthode. 
Elle se définit comme  une connaissance qui se base  sur l’action (l’opération par qui produit une conséquence  (un effet) sous l’influence de l’individu qui agit de lui-même), qui n’est plus spéculation (ni une observation, ni une réflexion intellectuelle portant sur des objets abstraits) mais réaliste ; elle donne alors une représentation matérielle, proche  ou identique à "ses" applications.

5) Une théorie en action signifie une idée ou connaissance spéculative et vraisemblable mise en pratique dans le domaine du réel.

6) En référence au livre de Michael Hardt et  Antonio Negri, "Empire", Exils, (fr) 2000.


* Anarcho-libertaire, est un néologisme introduit au début des années 1990, par les institutions policières et médiatiques pour stigmatiser les milieux ou la mouvance, qui se situent hors de l’anarchisme organisé, comme certains anarchistes, libertaires et autonomes afin de les faire passer  pour des groupes informels violents, des « terroristes » : car, l’anarchiste est « un poseur de bombe ». On peut se dire de prime abord  qu’ «anarcho-libertaire» est un bel exemple de redondance. Cependant, l’expression est utilisé ici, dans un autre sens, celui de mettre en exergue l’Anarchisme et l’anarchiste en prévalence avant le libertaire, en recherchant à rattacher les deux termes qui malgré certaines affirmations non pas la même valeur sémantique et ne sont pas équivalent. L’anarchisme est une « idéofortie(2) » qui est un au-delà à la démocratie, alors que le mouvement libertaire (libertairisme) n’est qu’une défense du droit à la liberté individuelle, assimilé  aux États-Unis aux « libertariens de Gauche » et parfois même en France, à un simple « Nietzschéen hédoniste ». Comme la très bien souligné Claude Fréjaville dans le Monde Libertaire n° 1663 de mars 2012 : « On a admis depuis la synonymie des termes libertaire et anarchiste, mais il convient de noter qu’ils sont utilisés avec les nuances fournies par leurs définitions respectives. Le libertaire est attaché à la liberté et aux droits individuels, alors que l’anarchiste est avant tout anti-autoritaire et socialiste. […] (L’) anarchisme ne peut pas se réduire à une simple intention ou volonté libertaire. L’anarchisme a une histoire, des théories et ne fait pas de la liberté un dogme qui pourrait contrarier l’idée même de la justice sociale. Notre mouvement doit être considéré avec ce qu’il renferme d’enseignement et de réflexions et il n’était pas inutile de rappeler ici que s’il y a bien chez tout anarchiste un libertaire, il n’est pas toujours possible d’affirmer le contraire. »

mercredi 14 novembre 2012

TRACT DU GROUPE POUR LA MANIFESTATION EUROPEENNE CONTRE L'AUSTERITE (14 NOVEMBRE 2012 A MONTPELLIER)


Non à l’austérité !

   Le 15 septembre dernier les peuples espagnols et portugais manifestaient solidairement contre l’austérité qui affecte leur vie quotidienne. A la suite de l’appel à la grève générale pour le 14 novembre 2012 par l’UGT, principal syndicat portugais, les syndicats  CCOO et UGT espagnols puis la GSEE en Grèce se joignent à ce mot d'ordre; à son tour la Confédération européenne des syndicats décide de soutenir cet appel dans le cadre du mouvement syndical européen en appelant à une mobilisation pour le 14 novembre par une grève et une manifestation sur l’ensemble de la C.E.E.

Solidarité avec la grève générale en Espagne au Portugal ,en Grèce et en Italie !
  
   Chez nous le rapport Gallois pour la "compétitivité" commandé par le gouvernement socialiste, satisfait grandement le Medef et confirme à ceux qui en doutent encore que l'alternance politique est un simulacre de démocratie, le message reste toujours le même : "il n'y a pas d'alternative au Marché internationalisé, ni au diktat du Fond Monétaire International (FMI)" ! Il faut croire que l’impact des mesures d'austérité que vivent grecs, espagnols, portugais et irlandais n’est pas encore ressenti par les français qui pourtant voient chaque jour se dégrader leur niveau de vie. Mais où est passé le pacte social européen ? Où est la solidarité ? Si l’on peut légalement spéculer sur la dette d'un pays, à quoi bon aider les peuples qui en subissent les conséquences quand les firmes internationales peuvent continuer à se faire du fric dans un Marché déshumanisé? La logique de cette économie est si monstrueuse qu’elle justifie toujours ce qu'il y a de plus bas en l'homme, son fameux "instinct prédateur"... La loi de la jungle.

Nous, anarchistes, continuons d'affirmer, haut et clair, que nous ne sommes pas ces bêtes-là !!

   Ce qui importe c'est que nous descendions dans la rue ensemble pour les mêmes raisons : changer de "logiciel"! De nombreuses alternatives au modèle de l’économie internationalisée, prédatrice existent déjà, qui n'ont aucune vocation à devenir un nouveau dogme économique. Elles témoignent dès maintenant, de la liberté de s'organiser autrement en partant de la base. Il nous appartient d'imaginer (car la révolution doit se faire d'abord dans nos têtes) une économie en rapport avec sa finalité originelle : la satisfaction des besoins élémentaires de tous et le partage du surplus produit entre tous, en connaissance de cause, avec le pouvoir de vérifier l’équilibre de nos comptes  et cela dans le respect de l'environnement : inventaire des besoins et usages, disponibilité des ressources, impact humain et écologique de leur exploitation. Cette gestion ne nécessite en aucun cas un ETAT ni un MARCHÉ qui sont par nature totalitaires et prédateurs. Notre alternative n'a rien à voir avec la vision chrématistique* de nos politiques de droite ou de gauche; elle a pour ambition la justice sociale et l’autogestion (*du grec khréma : la richesse, la possession, le profit et son accumulation comme fin en soi).

¡¡ Pour la Grève générale illimitée !!

   Nous, anarchistes fédérés, défendons une organisation de la société basée sur la libre association, une économie sociale et juste, pour le partage des richesses, une organisation politique fédéraliste basée sur un mandatement impératif et révocable, la souveraineté de nos assemblées de base, le vote par consensus, avec comme principe de base: la suppression de la hiérarchie, de l’autoritarisme, de la domination par la force, par l’argent, par l'exercice d'un pouvoir d'une minorité ou d'une majorité sur une autre, de l’exploitation de l’homme par l’homme.

GROUPE MONTPELLIER,  FÉDÉRATION ANARCHISTE
Pour nous contacter : shcm ( chEz ) wanadoo ( . ) fr  OU  houssaie ( chEz ) riseup ( . ) net 
www.federation-anarchiste.org